Tout Corneille : l'édition Wolfgang d'Amsterdam. Un des plus beaux exemplaires connus : celui d'Henri Bordes, relié par Lortic. [Amsterdam], Suivant la Copie imprimée à Paris, [Abraham Wolfgang], 1664-1678. 10 vol. (75 x 134 mm) de 1 portrait, 9 frontispices et 61 figures. Maroquin rouge, dos à nerfs ornés de caissons dorés, titre, tomaisons et dates dorés, au centre des plats médaillon ovale cerclé de petits fers et entrelacs dorés, encadré d'un double jeu de filets dorés, doublures de maroquin bleu, roulette et filets dorés encadrant une large dentelle dorée, fleurons d'angle, double garde peignée, tranches dorées sur marbrure (reliure signée de Pierre-Marcellin Lortic). Le théâtre complet de Pierre Corneille et Thomas Corneille : L’Illusion comique, Rodogune, Le Cid, Cinna ou Polyeucte... Exemplaire de choix, aux bonnes dates, sans exception (de 1664 à 1678) aux pedigrees impeccables : Pierre-Marcellin Lortic, Henri Bordes et Jules Lemaître. Cette édition est précisément décrite par Picot dans sa Bibliographie cornélienne, sous le n° 381. Elle est célèbre et contient d’admirables gravures, illustrant la totalité du théâtre des deux frères. Après les cinq premiers volumes de Pierre Corneille, l’éditeur poursuit jusqu’en 1678, avec les Tragédies et Comédies de son frère Thomas.
Un des plus beaux exemplaires connus de cette « charmante édition exécutée à Amsterdam par Abraham Wolfgang, et justement recherchée, sinon pour le texte lui-même, du moins pour la beauté de l’impression et du papier et pour l’élégance des figures. Cette édition a l’avantage de donner, non pas un choix, mais la suite complète des pièces de Corneille. Elle est devenue depuis quelques années, dit M. Brunet, un objet d’une très grande importance auprès des bibliomanes français, et il est fort difficile d’en trouver des exemplaires complets. » (Picot, 381). Assertion confirmée par Willems : « Cette collection est difficile à réunir. Les exemplaires qui ne laissent rien à désirer pour les dates des pièces et la grandeur des marges se paient fort cher. » C’est le cas de cet exemplaire, en exceptionnelle condition et d’une grande hauteur de marges (134 mm). Toutes les pièces, figures, titres généraux et frontispices sont bien présents, ainsi qu’une grande partie des feuillets blancs qui séparent parfois les pièces. Il est bien complet de l’avis de l’imprimeur au lecteur et du portrait au tome 1, souvent manquants. Les 5 volumes du Théâtre de Pierre Corneille portent tous la marque d’Abraham Wolfgang, signée « Quarendo » et dite au « Renard guettant sa proie » : Partie I : portrait de Corneille, sans nom de graveur ; frontispice gravé représentant le buste de Corneille couronné par deux ‘Renommées’, avec ce titre : « Le Théâtre de P. Corneille » ; 5 f. pour l’« Avis de l’Im- primeur au Lecteur » (avis signé A. W.) et la table des pièces de Pierre Corneille et de Thomas Corneille ; 74 p. pour le « Discours du Poëme dramatique » et les « Examens ». Suivent les huit pièces (de Mélite à l’Illusion comique), chacune, précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie II : frontispice gravé représentant deux ‘Amours’, dont l’un déploie un voile sur lequel on lit : « Le Théâtre de P. Corneille », et l’autre gravant des armes sur une pierre ; 1 f. pour le titre, 92 p. contenant le « Discours de la Tragédie » et les « Examens ». Suivent les 7 pièces (du Cid à la Suite du Menteur), chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie III : frontispice gravé, représentant la ‘Vérité’ debout sur une sphère entourée de rois orientaux tenant une écharpe sur laquelle on lit : « Le Théâtre de P. Corneille » ; 1 f. pour le titre ; 68 p. pour le « Discours des trois Unitez » et les trois « Examens ». Suivent les 7 pièces (de Rodogune à Œdipe), chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie IV : frontispice gravé ; 1 f. pour le titre ; 4 f. pour l’« Avertissement » pour Sertorius. Suivent les 4 pièces (de Sertorius à Othon) chacune précédée d’une figure et d’un titre, avec une pagination distincte. Partie V : frontispice gravé. Suivent 5 pièces (de Agesilas à Surena) chacune précédée d’une figure, d'un avis « Au lecteur » et d’un titre, avec une pagination distincte. Ces 5 volumes sont complétés par les œuvres de son frère, Thomas Corneille : Partie I : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (des Engagemens du hazard au Berger extravagant). Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines une « Epistre ». Partie II : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Le Geolier de soy mesme à Darius). Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée. Partie III : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Stilicon à Pyrrhus, roy d’Epire) dont les 4 premières seulement sont mentionnées, les 2 dernières Pyrrhus, roy d’Epire et Persée... sont ici bien présentes, les titres ayant été ajoutés anciennement à l’encre dans la liste. Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée. Partie IV : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Antiochus à La Mort d’Annibal. Chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines une « Epistre ». Partie V : 2 f. pour le frontispice gravé et le titre. Suivent 6 pièces (de Ariane au Comte d’Essex), mais chaque pièce a une figure, un titre et une pagination séparée, avec pour certaines un « Argument », une note pour la « Décoration du prologue » et un avis « Au lecteur ». Élu au fauteuil 14 à l’Académie française, en 1647, Pierre Corneille en était le doyen lorsqu’il mourut en octobre 1684. Tous les membres de l’Académie s’en émurent et proposèrent à son frère, affligé, de pourvoir au siège vacant. Il y sera élu à l’unanimité le 2 janvier 1685 ; Thomas ne pouvant décemment faire l’éloge de son frère qu’il remplace, ce fut Racine qui s’en chargea en même temps qu’il recevait Thomas et cela reste l’unique exemple de deux discours, d’hommage et de réception, par le même académicien dans l’histoire de l’institution. Voltaire dit du frère cadet, qu’exception faite de Racine il était le seul de son temps qui fût digne d’être le premier au-dessous de son frère. C’était un homme qui aurait une grande réputation s’il n’avait point eu de frère ». Bon grammairien, Thomas Corneille écrivit un Dictionnaire des arts et des sciences et un Dictionnaire universel géographique et historique. À l’Académie, il recevra Fontenelle le 5 mai 1691. Exceptionnelle réunion des œuvres des deux frères, en parfaite condition. L’exemplaire a été établi avec un soin délicat et attentionné par Pierre-Marcellin Lortic, puis vendu à Henri Bordes. Né à Saint-Gaudens le 4 avril 1822, le Gascon Pierre-Marcellin Lortic, dit « le Frondeur », arrive à Paris à la fin des années 1830 et intègre comme ouvrier l’atelier de Pierre-Paul Gruel : le jeune homme se distingue par un fort caractère et des conceptions personnelles qu’il affirme haut et fort et, alors qu’il n’a que vingt-deux ans, s’installe en 1844 au 199 rue Saint-Honoré, adresse qui sera la sienne jusqu’à son déménagement au 1 rue de la Monnaie, vers 1860. « Les reliures de Pierre-Marcellin Lortic se distinguent par le poli de leur maroquin, leur fermeté, leur légèreté, la finesse de leurs cartons et leurs nerfs très pincés et la subtilité de leur dorure, même si ’Le Frondeur’ n’est pas doreur et qu’il confie ses travaux aux plus grands spécialistes de l’époque, notamment Wampflug et Maillard [...] Au-delà de son perfectionnisme et de la maîtrise incontestable dont il fera preuve, il va révolutionner cet art industriel qu’est la reliure, que ce soit au niveau de la relation avec le bibliophile, de l’approche commerciale, développant une conception très personnelle de son art et n’apprécie que modérément la critique et le conseil des bibliophiles. De là naîtra peut-être sa principale innovation commerciale : ne plus attendre le client, acquérir lui-même des ouvrages, les relier à son goût et les proposer directement à la vente dans un atelier qui devient également, par le fait, une librairie. Le concept est révolutionnaire, à une époque où la reliure de luxe procède de la commande d’un particulier qui apporte ensuite son ouvrage chez le relieur, avec ses indications. Il vaudra à Lortic les critiques des libraires et des amateurs, mais démontre que le relieur avait une très bonne connaissance du livre et des goûts de l’époque, si ce n’est bibliographique » (Hugues Ouvrard, in Portrait de Pierre-Marcellin Lortic, en ligne). Son goût sûr le pousse d’ailleurs vers des ouvrages d’exception ou des raretés bibliographiques qu’il établit avec grand soin et dont il ne se dessaisit que pour les vendre aux grands bibliophiles de son époque qui sont ses clients : Ambroise Firmin- Didot (qui possédait 504 reliures signées de lui) l’architecte Joseph Lesoufaché, le duc d’Aumale, l’architecte Hippolyte Destailleurs, l’armateur bordelais Henri Bordes, le duc de Parme, le duc de Rivoli, Edmond de Goncourt, Auguste Poulet-Malassis, Charles Asselineau, Théodore de Banville et bien sûr Charles Baudelaire, qui confia à Lortic la reliure de huit exemplaires de l’édition originale des Fleurs du mal. Depuis 1876, Lortic collait dans le coin gauche du premier contreplat de ses reliures une étiquette représentant huit livres empilés indiquant les multiples prix qu’il obtient à Londres (en 1851, il n’a alors que vingt-neuf ans), Paris (1855 et 1878), Vienne (1873) et Philadelphie (1876). Il est, en 1878, le premier relieur fait chevalier de la Légion d’honneur et modifie alors son ex-libris en y ajoutant cette décoration. Ce Corneille porte cette marque, ce qui permet de dater la reliure de ces années-là. Il met fin à ses activités professionnelles en 1884 ; ses fils reprendront la suite. Notre exemplaire contient cet ex-libris à chaque volume, en plus de son fer, au centre du premier contreplat, qui est sa signature. Des bibliothèques Pierre-Marcellin Lortic (ex-libris, troisième version de 1878), Henri Bordes (ex-libris et vente, 1911) ; Jules Lemaître (ex-libris et vente, 1917). Picot, Bibliographie cornélienne, 381 (cite un exemplaire en maroquin rouge doublé de maroquin bleu, de la collection Benzon, mais c’est probablement un autre exemplaire) ; Willems, p. 466.
Reliure de présent en maroquin rouge, avec envoi autographe signé Paris, De l'Imprimerie de Monsieur, 1789. 1 vol. (75 x 130 mm) de 1 f., xxxv et 243 p. Maroquin rouge, deux filets dorés bordant une chaînette d'encadrement dorée sur les plats, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin vert, monogramme doré « SM » au centre des plats, roulette intérieure (reliure de l'époque). Première édition séparée. Elle est ordonnée par Pierre François Didot, le jeune, avec une édition luxueuse sur un papier de choix provenant de ses papeteries d’Essonne, qu’il enrichit d’illustrations – l’édition sur papier ordinaire n’en contenant pas : 4 figures de Moreau le Jeune, la dernière en collaboration avec Joseph Vernet, gravées sur cuivre par Girardet, Halbou et Longueil. Envoi signé : « pour Mademoiselle Mesnard de Conichard, par l’auteur, De Saint-Pierre ».
Paul et Virginie est une oeuvre difficile à définir, y compris pour son auteur qui y voyait un « petit ouvrage », une « fable essai » et même une « espèce de pastorale ». L'ouvrage fut d'abord écrit comme un complément à une deuxième édition à Voyage à l'île de France, puis à la troisième édition des Études de la nature, dont il devait illustrer les thèses par la fiction. Il entendait mettre en application « les lois des Études de la nature au bonheur de deux familles malheureuses » par le dénouement tragique qu'il donne à son récit, en brisant le rêve d'un idylle. Il se démarque ainsi du goût de l'époque pour la pastorale, même s'il applique les règles de simplicité du genre : deux jeunes gens grandissent ensemble dans le cadre enchanteur et paisible de l'île de France, l'île Maurice actuelle, s'aiment, sont séparés par la civilisation, avant d'en être définitivement écartés au cours du drame du Saint-Géran. Bernardin de Saint-Pierre - formé aux récits de Daniel Defoe et de son Robinson Crusoé - embarqua, à douze ans, pour la Martinique sur le bateau d'un de ses oncles : une révélation, mais aussi la découverte du gouffre séparant l'imagination de la réalité, supportant mal les ardeurs du climat, les fatigues du voyage et surtout la discipline des navires. Après cette déconvenue, ses parents le mettent au collège des jésuites de Caen, où il caresse un temps l'idée de devenir missionnaire, puis à Rouen, avant d'entrer en 1757 à l'École nationale des ponts et chaussées. Il intègre à la fin de ses études le corps des ingénieurs militaires. Dès 1773, il dénonce le crime de l'esclavage dans son Voyage à l'Île de France, à l'Île Bourbon, au cap de Bonne-Espérance : il fait partie des auteurs qui s'opposent alors sans ambiguïté à l'esclavage et au racisme au nom de l'égalité de tous les hommes, d'autant que, natif du Havre, l'un des principaux ports où transitent les esclaves, il n'a eu de cesse d'en voir les ravages. Il y reviendra dans Paul et Virginie, faisant des esclaves Marie et Domingue, qui vivent en harmonie avec leurs maîtres, des figures importantes de son récit. Ce récit inspirera nombre d'écrits postérieurs, de l'Atala de Chateaubriand au Coeur simple de Flaubert. « Comme la plupart des chefs-d'oeuvre, celui-ci apporte au genre et à la mode qu'il illustre à la fois son accomplissement et son démenti. » (Jean Favre) Paul et Virginie connut un vif succès dès sa publication et fut un des livres les plus réédités jusqu'au début du XXe siècle ; et preuve de son immense réussite, Lamartine, Balzac et Flaubert ont fait de leurs héroïnes, Graziella, Véronique et Emma Bovary, des lectrices de Paul et Virginie : « Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau. » (Madame Bovary, [1857], p. 36). Très bel exemplaire, de grande rareté avec envoi circonstancié et des plus pertinents : Mlle Mesnard était la fille d'un correspondant et ami proche de Bernardin de Saint-Pierre, François Mesnard de Conichard (1727-1792), premier commis des Finances. Ce dernier était intervenu en faveur de Bernardin de Saint-Pierre pour l'obtention d'une gratification annuelle à son retour de l'Île Bourbon ; la correspondance entre les deux hommes témoigne d'une longue amitié et d'une relation quasi-familiale. C'est à François de Conichard que l'auteur, à l'automne 1784, envisage et propose de dédicacer ses Études de la nature. Très élégamment, il la refusa, ayant « toujours évité par-dessus tout de faire parler de moi et je suis trop vieux pour changer ma marche à cet égard, je vous supplie donc qu'il ne soit plus question de cette dédicace [...]. N'en parlons plus je vous prie » (lettre à Bernardin de Saint-Pierre, octobre 1784). L'auteur respecta la demande et offrit la dédicace à un autre de ses amis, Hennin. Néanmoins, lors de la troisième édition, parue en 1788 et contenant au quatrième tome le roman de Paul et Virginie, Bernardin de Saint-Pierre réussit discrètement à faire imprimer sa reconnaissance envers « mes respectables amis MM. Hennin & Mesnard de Conichard » ; et à offrir, l'année suivante et pour cette première édition séparée du roman, cet exemplaire à la fille de son dédicataire. Une lettre de Mesnard à Bernardin en date du 30 avril [1773] fait mention de sa fille pour la première fois, et Bernardin de Saint-Pierre lui-même parle de « Mlle Mesnard fille d'un de mes meilleurs amis et que j'ai vu naître » dans une lettre à l'auteur du poème « Le Tombeau de Virginie » en 1789 (citée dans Rebecca Ford, « Une correspondance amicale : Bernardin et Mesnard de Conichard », Autour de Bernardin de Saint-Pierre, Mont-Saint-Aignan, P.U. de Rouen et du Havre, 2010). Cette dernière n'a, au moment de la parution du volume, que dix-sept ans : soit l'âge exact de l'héroïne de Bernardin de Saint-Pierre, puisque Virginie quitte l'île à quinze ans pour n'y revenir que deux ans et demi plus tard pour la fin tragique que l'on sait. Marie-Françoise Mesnard de Conichard épousera quelques années plus tard Jean-François Pierre Puy de Rosny, futur baron d'Empire. En 1792, Bernardin de Saint-Pierre épousera quant à lui la fille de son imprimeur Didot, avec laquelle il aura deux enfants qu'il prénommera, naturellement, Virginie (née en 1794) et Paul (né en 1798). Des bibliothèques Marie-Françoise Mesnard de Conichard ; Pierre Bergé (ex-libris ; II, n° 191). Tchemerzine V, p. 649 ; Cohen, 931.
22 hommages à Pierre Boulez Rimini, Luigi Castiglioni Editore, (27 mars) 2025. 1 vol. (240 x 380 mm) de 234 p. Veau noir à décor, avec insert en aluminium sur le premier plat figurant le titre « Boulez», dos lisse, non rogné (Luigi Castiglione, 2025). Edition originale. Tirage unique à 200 exemplaires, imprimés en lithographie sur Fabriano Tiepolo, signés par les éditeurs.
L'ouvrage renferme des contributions originales de 22 grandes figures du monde de la musique, de l'architecture, de la littérature et de la recherche : Marie-Hélène Arbour, Michel Archimbaud, Daniel Barenboim, Jean-Pierre Changeux, Sophie Cherrier, Angela Ida de Benedictis, Giuseppe di Giugno, Michel Fano, Ralph Fassey, Pascal Gallois, Marie-François George, Andrew Gerszo, Susanna Mälkki, Philippe Manoury, Brigitte Marger, Allessandro Melchiorre, Emmanuelle Ophèle, Renzo Piano, Alain Planès, Jean-Guihen Queyras, Tamara Stefanovich et Suzanne Stephens, lesquels ont tous signés au crayon leur contributions. Elles viennent illustrer un exceptionnel ensemble de 70 photographies inédites réalisées par Ralph Fassey qui, pendant près de trente ans, a accompagné Pierre Boulez. C'est de son fonds photographique, riche de plus de 3 000 clichés, que sont extraites les photographies ici présentées, livrant un portrait intime et pluriel d'un homme qui a profondément marqué son temps et l'histoire de la musique. L'ouvrage est complété par deux documents exceptionnels : le premier est la reproduction inédite des dernières notes manuscrites de Boulez, où il esquisse ses projets en cours et ses réflexions pour l'avenir, le second présente quatre schémas électroniques autographes réalisés par Giuseppe Di Giugno en 1979, pour la conception de la machine 4X. C'est le compositeur Luciano Berio, invité par Pierre Boulez pour prendre en 1974 la direction de la section électroacoustique de l'Ircam, qui supervise un projet de synthèse et transformation de sons complexes en temps réel. L'année suivante, Giuseppe Di Giugno et les chercheurs de l'Ircam développent alors plusieurs versions successives de processeurs numériques : 4A le premier prototype, 4B, 4C, pour aboutir en 1981, au très performant système 4X. Cette « station de travail musicale 4X» permettra au musicien d'analyser, de synthétiser et de manipuler numériquement le son, en étant capable de créer de nouvelles sonorités et de transformer en temps réel le son issu d'instruments traditionnels. Pierre Boulez sera le premier à utiliser la 4X pour son oeuvre Répons en 1981 : «vingt-quatre instrumentistes occupent une scène centrale autour de laquelle le public est assis ; cet orchestre central ne subit aucune transformation sonore de la part du dispositif électroacoustique et informatique. Le public est lui-même encadré par six solistes et six haut-parleurs qui en restituent le son traité en temps réel. Les sons produits par les solistes sont traités en temps réel par la 4X, et réinjectés dans des haut-parleurs situés également derrière le public» (Notice de la station 4X de l'Ircam utilisée dans ce concert, aujourd'hui conservée au Musée de la Musique - Cité de la musique, Philarmonie de Paris, cote E.996.29.1, en ligne). Tous les exemplaires de l'ouvrage sont reliés à l'identique par Luigi Castiglioni, relieur d'art.
Le premier "double" de Gary : envoi signé Paris, Éditions Siloé, (mars) 1980. 1 vol. (225 x 295 mm) de 199 p. Cartonnage éditeur et jaquette illustrée. Première édition française. Envoi signé : « À Romain [Gary], avec toute mon affectueuse admiration, Pierre ».
Rouve, de son vrai nom Pierre Ouvaliev, est un diplomate slave, né à Sofia, que Gary a aidé à s'exiler alors qu'il était en poste en Bulgarie. Il lui fait obtenir la nationalité britannique en 1948 qui lui permet de s'installer à Londres où il entame une carrière de scénariste et de producteur de cinéma : il sera notamment celui de Blow-Up, de Michelangelo Antonioni, en 1966. Passionné par l'oeuvre du peintre anglais, ce Turner - Etude de Structures est le seul ouvrage qu'il aura publié. Signalons qu'il est le frère d'une grande historienne de l'art moderne : Dora Vallier, spécialiste de Braque, du Douanier Rousseau, de Kandinsky, Mondrian et Malévitch. Elle quitta Sofia peu après son frère, en 1950, pour s'inscrire à l'Ecole du Louvre. Pierre Rouve est, vingt ans avant Paul Pavlovitch, le premier « vrai » double de Gary : en 1955, Gary prévoit de publier L'Homme à la colombe, d'abord en américain et de l'attribuer à un dénommé Jack Ribbons. Le projet cale, mais Gary, revenu en Europe, recherche un ami qui signerait une convention pour incarner un auteur corso-italien, Fosco Sinibaldi : c'est vers Pierre Rouve qu'il se tourne, lequel accepte de parapher le contrat d'édition à la place de Gary - mais en stipulant que sa photo ne figure pas dans le dossier de presse, et refusant de personnifier Sinibaldi face au public. Paul Pavlovitch prendra officiellement ce rôle quelques années plus tard.
Important exemplaire : confidence secrète évoquant le «vrai» Ramuntcho, fils caché de Loti Paris, Calmann Lévy, 1897. 1 vol. (115 x 180 mm) de 351 p. Demi-chagrin bronze, dos à nerfs orné de fleurons dorés, titre doré, chiffre en pied « M. L.», couvertures conservés. Édition originale. Envoi signé : «à mon ami Maurice de Lacoste, Pierre Loti». Montée en tête : 1 enveloppe à l'adresse de Maurice de Lacoste, lieutenant de vaisseau, à bord du Calédonien /Salins d'Hyères (Var)» Conservée dans l'exemplaire : 1 lettre autographe signée (sur papier de deuil) adressée au même, avec env. conservée en date du 8 mars 1897 :
«Mon cher ami, Je vous savais déjà sur le Bugeaud, car j'étais allé il y a quelques jours à Rochefonts et, moins oublieux que vous pensez, j'avais de suite envoyé demander à la Préfecture si par hasard vous étiez là. Certainement, vous recevrez Ramuntcho, le livre. Quant à Ramuntcho, le vrai, c'est un joli et vigoureux bébé de bientôt deux ans, qui parle le Basque et habite pour le moment St Jean-de-Luz. Je ne sais pas combien de temps je resterais à Hendaye, ni ce que je ferai ensuite, je suis sans projets, comme sans courage. Je vous serre de tout coeur la main. P. Loti. Oui, envoyez-moi cet intéressant opuscule, quand vous y penserez. » Exemplaire de dédicataire idéal, à son cadet de l'École Navale et ami, Maurice de Lacoste. Il lui adresse, à bord du navire Calédonien qui mouille au Salins d'Hyères, cet exemplaire de son roman majeur du « cycle basque », entrepris par Loti après ses affectations sur la Bidassoa. Ramuntcho transpose, dans un Pays basque encore perçu comme un « ailleurs », l'apprentissage d'un jeune joueur de pelote devenu contrebandier, ses amours avec Gracieuse, puis l'épreuve d'une séparation et le heurt avec un catholicisme de fer qui culmine dans le projet d'enlèvement manqué depuis le couvent. Publié d'abord en feuilleton dans La Revue de Paris (15 décembre 1896 - 15 février 1897), le texte paraît la même année chez Calmann-Lévy. À rebours du strict carnet de route, Loti y privilégie la fiction « objective » et la scénographie des paysages intérieurs, nourris des séjours d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz qui fixent durablement l'imaginaire basque fin-de-siècle. La lettre jointe situe précisément l'auteur au moment de la mise en volume, juste après la fin des feuilletons qui se terminent en février. Et confie à son destinataire un point essentiel, où Loti précise la genèse fictive et « réelle » du héros, entre le roman qui sort de presse et l'enfant basque auquel il emprunte le prénom : le propre fils de Pierre Loti. il faut rappeler que « Ramuntcho » n'est pas qu'un héros de fiction. Au Pays basque, Loti entretient - en marge de sa vie officielle - une relation durable avec Juana Josefa Cruz Gainza, dite Crucita. Pour s'en rapprocher, il loue à Hendaye la maison Bachar-Etchea, dite « la maison solitaire », que Crucita n'habite jamais car dès la conclusion de sa liaison et de son « contrat » avec Loti, il l'emmène à Rochefort, pour l'installer dans une maison des faubourgs de la ville. Elle lui donna quatre fils non reconnus, tous nés au Pays Basque. Le premier, Raymond, né dans la nuit du 29 au 30 juin 1895, est couramment désigné comme « Ramuntcho » et a souvent été tenu pour l'inspiration directe du titre et du personnage du roman. Cette filiation parallèle, longtemps tue, est ici confirmée par un Loti confiant dans l'amitié et la confidence d'un secret à son ami, Maurice de Lacoste. Natif de Metz en 1864, ce dernier entre à l'école navale en 1882 - quinze ans après Loti. Aspirant de 1ere classe en octobre 1885, il est tout d'abord affecté dans la division navale d'Extrême-Orient. C'est lors de ces premières traversées qu'il rencontre Pierre Loti, qui navigue dans ces mers depuis la même année à bord du Mytho, l'un des onze transports officiels des forces navales en Extrême-Orient. C'est sur ce navire, durant un mois un mois de traversée, que Loti a rédigé en partie le manuscrit de Pêcheur d'Islande. Lacoste est promu enseigne de vaisseau en octobre 1887, servant à bord d'innombrables bâtiments de la Marine française. Promu lieutenant de vaisseau en octobre 1893, il est successivement affecté sur plusieurs cuirassés puis croiseurs, les fers de lance de la Marine et les plus puissants des navires de guerre de l'époque. Il sera affecté ensuite à la direction centrale de l'artillerie navale, puis capitaine de frégate avant d'être affecté à l'état major en 1909. Leur amitié ne sera jamais entachée et durera jusqu'à la mort de Loti, en 1923.
Envoi signé à Max-Pol Fouchet Paris, Denoël, (mai) 1966. 1 vol. (230 x 260 mm) de 84 p. Cartonnage, jaquette et étui illustrés de l'éditeur. Édition originale. Tirage unique à 3 000 exemplaires. Un des exemplaires poinçonnés du service de presse. Envoi signé : « À Max-Pol Fouchet, en hommage. Pierre Alechinsky ».
Idéotraces, publié au printemps 1966 chez Denoël, marque une étape importante dans la carrière de Pierre Alechinsky, figure centrale du mouvement CoBrA, alors âgé de 39 ans. Le livre propose un manifeste visuel et calligraphique, où se croisent gravures, encres, impressions, gestes et textes : « cette équivoque entre écriture et peinture, Alechinsky l'assume entièrement, et en fait presque un système. Il a dû lui arriver plus d'une fois de commencer un poème et d'aboutir à un tableau, ou l'inverse. En définitive, Pierre Alechinsky s'est constamment moqué des écoles, et si sa peinture était hier un peu moins figurative, aujourd'hui un peu plus, c'est qu'on n'échappe pas totalement aux suggestions de son époque» (Conil Lacoste, Le Monde, 9 décembre 1966). L'ouvrage fut publié à l'occasion d'une exposition de l'artiste à la Galerie de France, où ses oeuvres furent présentées jusqu'en janvier 1967.
Édition originale. Envoi signé. Paris, Gallimard, coll. « L'un et l'autre », (22 octobre) 1991. 1 vol. (120 x 205 mm) de 119 p. et [4] f. Broché, sous couverture illustrée. Édition originale. Premier tirage (pas de grands papiers). Envoi signé : « Pour Monique Houssin, en attentif hommage, Pierre Michon ».
Un texte lumineux, incandescent et profond de Pierre Michon consacré à Rimbaud ; il n'y retrace pas la vie du poète, mais interroge sur ce qu'un poète laisse derrière lui : une légende, un silence, une brûlure. Commandé pour la collection « L'un et l'autre » - conçue par J.-B. Pontalis comme un espace de portraits intimes, à mi-chemin du récit et de l'essai - Rimbaud le fils est un texte cardinal dans l'oeuvre de Pierre Michon, au même titre que Vies minuscules. Michon n'y « raconte » pas la vie d'Arthur Rimbaud : il observe la fabrication d'une figure et la trace qu'elle laisse - « une légende, un silence, une brûlure ». Le « fils » du titre est à la fois l'enfant d'une mère, d'une langue, d'un siècle, et le fils métaphorique de tous ceux qui viennent après lui, écrivains et lecteurs compris ; Michon s'y désigne en creux comme fils de Rimbaud, interrogeant la dette et la filiation littéraires, s'attachant aux documents minimaux plutôt qu'aux grands épisodes : la photographie de Carjat, les lettres sèches, l'ombre d'Une saison en enfer, les silhouettes de Charleville et la violence nue des Illuminations.
Les quelques livres uniques de ses poèmes, réalisés pour son bon plaisir, furent en général offerts à ses proches. Nous n'en n'avons recensés qu'une petite vingtaine, de formats inégaux, même si PAB a dû en produire bien plus. Délicate reliure de Julie Auzillon, selon son procédé Origata, une technique de reliure esthétique, légère et réversible qui s'appuie sur les papiers pliés, sans colle ni couture. S.l. [Alès, PAB], (6 mars) 1958. Minuscule oblong (80 x 45) de 2, [6] et 2 f. Reliure papier japonais teinté à l'encre, rubans en papier ton sur ton, gaufré « petits carrés », papier parchemin, sous coffret amovible plein papier teinté ou unis, étui souple, boîte (reliure de Julie Auzillon, 2018 - titrage Damien Leboeuf).
« Pierre André Benoit, dit P.A.B., nous laisse une oeuvre d'éditeur, de poète, de peintre et d'artisan du livre exemplaire. [...] Il n'a suivi aucun plan de carrière mais s'est construit par les rencontres comme un éternel oisif. Dès l'époque des bibliophiles alésiens, véritable portrait de jeune homme en éditeur, Pierre André Benoit comprend qu'il veut faire des livres voués à la défense et à l'illustration de la poésie où l'artiste serait un complice actif. En dépit des progrès techniques réalisés dans l'imprimerie et de la stature croissante des artistes contactés, P.A.B. continuera de pratiquer toute sa vie l'art de la débrouillardise à quatre sous [...]Dans la rigueur et le respect de l'esprit du livre classique, l'oeuvre de P.A.B. est un pied de nez au culte du beau livre en pur papier du moulin de la Chiffonnière et à la couverture en peau d'ornithorynque vieillie en fût. Le livre est un acte modeste et essentiel. Il ne paie pas forcément de mine mais son contenu doit réjouir l'âme et le corps » (extrait d'un texte de Axel Hémery, Conservateur du musée bibliothèque Pierre André Benoit à Alès de 1993 à 1998). Les quelques livres uniques de ces poèmes, réalisés pour son bon plaisir, furent en général offerts à ses proches et ne sont que rarement présentés. Nous n'en n'avons recensé qu'une petite vingtaine, de formats inégaux, même si PAB a dû en produire bien plus. Délicate reliure de Julie Auzillon, selon son procédé Origata, une technique de reliure esthétique, légère et réversible qui s'appuie sur les papiers pliés, sans colle ni couture.
[décembre 1962]. 1 vol. (135 x 180 mm) de [2] f., [14] tirages photographiques originaux, 2 f. Broché, sous double couverture et rodhoïd. Unique édition. Tirage non précisé, à petit nombre (album n° 11, signé par Jean-Pierre Sudre en fin). L’exemplaire est signé et daté par Léo Ferré en tête, « 5 décembre 1962 ». 8 photos à pleine page et 7 à double-page, réalisées en décembre 1962, pendant les répétitions et le récital donné à l’ABC.
L’ABC est un célèbre music-hall sis 11 boulevard Poissonnière, dans le IIe arrondissement à Paris, inauguré en 1935, à la place de l’ancien théâtre Plaza, transformé en music-hall par Mitty Goldin, qui choisit de l’appeler ABC « pour être en tête, par ordre alphabétique, des programmes parisiens ». En 1962, quelques mois avant ces concerts, Léo Ferré est le premier auteur-compositeur à être édité dans la collection Poètes d’aujourd’hui, chez Pierre Seghers. Il travaille tout l’été 1962 à ce récital, prévu de longue date pour l’hiver 1962 et s’y produit de décembre 1962 à janvier 1963, peu avant que la salle ne ferme en 1964, transformée en un cinéma, lequel est inauguré en mai 1965. Il cessera son activité en décembre 1981. Un 33 tour de Ferré, suite à ces concerts, paraîtra en 1963, Alhambra-ABC, rapidement retiré de la vente : la chanson « Mon Général » déplaît évidemment aux autorités et l’album est censuré. Il contenait huit titres (« Chanson mécanisée », « Le vent », « T’as payé », « Les temps difficiles », « Mon Général », « Stances », « Nous les filles » et « Regardez-les »), dont seuls quatre ont été enregistrés sur place (les titre 3-4-5 et 6). Cinéaste de formation, Jean-Pierre Sudre évolue après-guerre vers la photographie industrielle. S’il devint l’un des maîtres en la matière, il développa parallèlement une œuvre de photographe d’art, très en marge des tendances de son époque et d’une rare poésie, qui l’amène à créer en 1968 un département de photographie à l’École supérieure des arts graphiques. Il rencontre Léo Ferré par l’intermédiaire d’un ami commun, le critique d’art Charles Estienne. Après avoir photographié le chanteur dans sa propriété de Saint-Coulomb en Ille-et-Vilaine, les clichés sont utilisés pour les visuels de l’album Langue française, qui paraît à la rentrée de septembre 1962. C’est aussi l’année de sa première exposition parisienne, sous l’égide de Brassaï qui en préface le catalogue. Ferré fait alors à nouveau appel à Sudre pour couvrir les répétitions à l’ABC. Cet album, composé à quelques unités (vraisemblablement une quinzaine), sera distribué aux proches du poète chanteur et du photographe. Tous sont numérotés et signés, et nous en connaissons les n° 2, 5 et 11 et 12. Le programme officiel du théâtre de l’ABC, Léo Ferré – Récital 1963, contiendra bien des clichés pris dans le petit fort de Saint-Coulomb, mais aucune photo de cette exceptionnelle série de cet album n’y figurent. Il n’existe aucune autre publication de ce petit reportage confidentiel. Tous les tirages sont des tirages originaux.
Paris, Pierre Petit, 31, rue Cadet, s.d. [1861] 1 tirage sépia sur papier albuminé (55 x 95 mm), contrecollé sur papier fort (140 x 220 mm). Tampon à sec de l'atelier : "photographie des deux mondes - Pierre Petit 31 rue Cadet Paris". La carte sur laquelle est contrecollée la photographie comporte la reproduction de la signature de Victor Hugo et le timbre à sec.
Reproduction d'après un tirage original, contrecollé sur un support cartonné crème avec inscriptions et tampon sec du photographe. Victor Hugo assis de face, barbu, bras gauche accoudé au dossier d'une chaise et soutenant sa joue, bras droit coupé et jambes coupées au niveau des genoux, lors d'un séjour à Bruxelles au printemps 1861. Cette photographie fut prise le 5 mai - non pas pas Pierre Petit, mais par un certain Gilbert Radoux. Contrairement à la quasi-totalité des occurences concernant cette photographie, rendons la paternité de cette photographie à qui de droit. Nous devons ces précisions suite au travail de Jean-François Gomis sur le sujet, qui a fortement documenté les recherches sur le sujet.
La suite attendue de la Grande Beune.Exemplaire en tirage de tête. Paris, Verdier, (avril) 2023. 1 vol. (145 x 230 mm) de 150 p., [4] et 1 f. Broché, non coupé. Édition originale pour La Petite Beune. Un des 130 premiers exemplaires sur Rives Vergé (n° 42).
35 ans après Le Roi du bois et La grande Beune, Pierre Michon nous en donne (enfin) sa suite. « Les lecteurs de Pierre Michon le savent: «Le roi vient quand il veut», ce qui signifie, pour le dire vite, que la littérature - l'inspiration, la grâce, appelez-la comme vous le voulez - advient à sa guise (...). Au fil des décennies, Pierre Michon avait dit son espoir de donner une suite à La Grande Beune (Verdier, 1996), cet ahurissant roman du désir qui est sans doute celui de ses livres qu'il préfère. Le roi se manifestant décidément quand il le souhaite, La Petite Beuneest arrivée quelque trois décennies après la Grande» : les deux livres se rejoignent, formant un confluent pour cette rivière qui coule au coeur d'un village du Périgord, au pays des grottes préhistoriques. « Et ce qui frappe d'emblée est un miracle: alors que tant d'années se sont écoulées, il parvient immédiatement à relancer la tension érotique presque hallucinée qui porte le premier texte». (Raphaëlle Leyris, Le Monde, 23 mars 2023).
Reliure de Louise Bescond Paris, Gallimard, (mars) 1953. 1 vol. (125 x 190 mm) de 252 p., [1] et 1 f. Reliure souple en veau naturel teinté gris perle et estampé, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés (reliure signée de Louise Bescond, 2018). Édition originale. Un des 55 premiers exemplaires sur vélin pur fil (n° 6).
Exemple étonnant de premier roman écrit à l'âge de soixante-quatorze ans, Jules et Jim a inspiré un film célèbre à François Truffaut, qui adaptera également Les Deux Anglaises et le continent. « Je peux dire que la lecture, en 1953, de Jules et Jim, premier roman d'un vieillard de 74 ans, a déterminé ma vocation de cinéaste. J'avais 21 ans et j'étais critique de cinéma. J'ai eu le coup de foudre pour ce livre et j'ai pensé : si un jour je réussis à faire des films, je tournerai Jules et Jim. J'ai peu après rencontré l'auteur du livre que l'idée d'un contact avec le cinéma enchantait. Au début 61, j'ai pensé que le moment était venu de concrétiser ce vieux rêve. J'ai essayé de transposer fidèlement ce beau livre que l'éditeur Gallimard présentait ainsi : « Un pur amour à trois». » Avant d'être élevé au Panthéon du Cinéma français, le film échappe de peu à l'interdiction totale, pour sa prétendue immoralité. Il sort en France avec une interdiction aux moins de 18 ans. Jules et Jim est la célèbre histoire d'un amour à trois : Jules, un poète juif allemand séjournant à Paris avant la première guerre mondiale, rencontre Jim, poète français qui devient son inséparable ami. Ils font de concert quelques conquêtes féminines, jusqu'à ce que Jules épouse Kathe, allemande elle aussi, en visite culturelle en France également... l'amour de Jules pour Kathe ne fonctionnant vraiment que s'il est complété par celui de Jim... Monument fondateur du polyamour, il est largement autobiographique : Jules et Jim se sont rencontrés à Paris, alors qu'ils étudiaient ensemble. Henri-Pierre Roché va raconter l'histoire de leur amitié et de leurs amours entre la France et l'Allemagne à 10 000 lieues des soubresauts de la Grande Guerre. Jim, c'est lui, ou presque ; et Jules et Kathe sont directement inspirés par l'écrivain autrichien Franz Hessel et par Helen Grund (Berlinoise, fille d'un banquier prussien protestant) : ils sont les parents de Stéphane Hessel. Mais l'histoire remonte aussi à un peu plus loin : Henri-Pierre Roché fut un bourreau des coeurs, peintre, écrivain et marchand d'art qui rencontre en 1916 Marcel Duchamp. À Paris, Roché se faisait le mécène des femmes artistes qu'il séduit, fréquente le Montmartre du Bateau-Lavoir avant d'être missioné aux États-Unis par le Haut-commissariat de la République française chargé d'encourager l'entrée en guerre des États-Unis. C'est là qu'a lieu la rencontre avec Marcel Duchamp, alors la coqueluche des élites à New York. Duchamp vient de rencontrer Beatrice Wood, le 27 septembre 1916, pour laquelle il éprouve, tout de suite, un fort penchant... ce qui ne l'empêche pas de la présenter à Roché qui devient le premier amant - l'initiateur - de la jeune femme, tout en restant officiellement avec Marcel Duchamp. Cet étrange trio franco-américain, Roché s'en souviendra vraisemblablement aussi au moment de rédiger son roman, comme beaucoup d'autres histoires de sa prime jeunesse où, pendant ses études à Paris, entre 1898 et 1900, «Hachep», comme l'appelle Duchamp, mène «une double vie au cours de laquelle il enterre sa vie de garçon avec une rouerie systématique en abusant d'annonces matrimoniales [...] et diverses manipulations sentimentales qui resteront une constante de sa vie [...)]. L'expérience est assez déstabilisante pour qu'en mars sa mère l'envoie quelques semaines en cure hydrothérapeutique à l'institut Sonnenberg de Carspach en Alsace ».
Le premier livre de Michon. Envoi signé. Paris, Gallimard, (13 janvier) 1984. 1 vol. (140 x 205 mm) de 206 p. et [4] f. Broché. Édition originale. Premier tirage (pas de grands papiers). Envoi signé : «à Daniel Boulanger ces [VIES MINUSCULES] qui trichent avec la “nouvelle”. Hommage de l'auteur, Pierre Michon».
Si l'on voulait caractériser l'oeuvre de Pierre Michon, on retiendrait bien sûr son talent pour évoquer les « vies imaginaires », selon le titre de Marcel Schwob, qu'il présente « minuscules » ou magistrales, vies de peintres ou d'écrivains, vies de pauvres égarés du destin, qu'il esquisse en quelques traits frappants, désormais attachés à ceux qu'ils représentent. On parlerait aussi de son style, à nul autre pareil, qu'il entend lui-même ronfler dans la forge de l'écriture et qu'il commente et critique à la fin des Vies minuscules : «[...] ce penchant à l'archaïsme, ces passe-droits sentimentaux quand le style n'en peut mais, cette volonté d'euphonie vieillotte, ce n'est pas ainsi que s'expriment les morts quand ils ont des ailes, quand ils reviennent dans le verbe pur et la lumière.» Le style donc, et l'évocation de personnes réelles, devenues personnages, dans ce que l'écrivain appelle ses « étés fictifs ». Pour le reste, inutile de se perdre en d'inutiles gloses. Juste suffit l'invitation à la lecture de ses oeuvres, en particulier ces Vies minuscules et Rimbaud le fils. « C'est un livre qui a placé la barre extrêmement haut et je me demande si c'est bien [...] J'aurais dû mettre l'essentiel plus tard [...]. La raison en moi dit : il aurait été bien que je fasse ce livre et que je meurt l'année suivante. L'effet James Dean. Ou plutôt l'effet Rimbaud. Je pense n'avoir jamais ensuite retrouvé cette nécessité que j'avais d'écrire ce livre [...]. J'ai eu, pour ces gens dont je parle, un sentiment à la fois de pitié et de projection en eux. C'était des gens qui étaient liés à ce milieu rural extrêmement clos, qui ne pouvaient pas en sortir, et qui étaient dans la position où j'étais moi-même. Celui qui veut absolument partir, partir, partir d'ici. La salle, le feu, les petits vieux. Et j'ai écrit les Vies minuscules parce tout à coup une vague de pardon, de bénévolence pour toutes ces gens m'a envahi» (in 21 cm, entretien avec Augustin Trapenard). Écrivain, nouvelliste, romancier, scénariste, poète et académicien Goncourt, Daniel Boulanger fut une figure singulière de la littérature française de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Ses recueils de nouvelles (notamment Fouette, cocher !, prix de l'Académie française 1960) et ses nombreux scénarios pour le cinéma (Les Biches, L'Homme de Rio, Cartouche), lui valurent une large notoriété. Membre du jury du prix Goncourt dès 1983, il en deviendra l'une des voix influentes jusqu'à sa démission en 2008. C'est probablement à ce titre que Michon - dont c'est le premier livre - lui envoie cet exemplaire : il s'adresse à un écrivain reconnu du genre bref, célébré pour son art de la nouvelle, alors que Michon joue précisément à brouiller les frontières entre récit, biographie et fiction. Cette complicité implicite inscrit l'exemplaire dans un dialogue littéraire entre deux générations : Boulanger déjà consacré, Michon à l'orée de sa carrière, qui allait être salué d'emblée par la critique comme l'une des voix les plus singulières de la littérature contemporaine. Dos et marges de la couverture légèrement insolés, sinon bel exemplaire.
Paris, Julliard, (18 février) 1957. 1 vol. (120 x 185 mm) de 238 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Un des 30 exemplaires sur Corvol (n° 1).
Révélé par Le Pont de la rivière Kwaï (1952) dont l'adaptation cinématographique sortie quelques mois plus tard allait le rendre mondialement célèbre), Pierre Boulle est encore un écrivain au début de sa carrière littéraire quand paraît E = mc2, son second recueil de nouvelles dont le titre reprend celui du long texte qui le clôt : « E = mc2, ou Le roman d'une idée ». Dans ce récit, qui oscille de l'uchronie à l'univers parallèle, les protagonistes tentent d'inverser les applications destructrices de la désintégration naturelle des atomes d'uranium en une synthèse créatrice artificielle du même uranium, deux opérations rendues également possibles par la formule E = mc2. Pierre Boulle y met en scène la figure d'Albert Einstein (décédé en 1955) dans un monde où quelques autres physiciens liés à l'histoire de l'atome ont changé de nom mais échouent à changer l'histoire : « Les théories justes permettent des vérifications expérimentales, mais il n'existe aucun chemin menant de l'expérience à la théorie ». Trois autres nouvelles la précèdent : 'Les Luniens', 'L'amour et la pesanteur' et 'Le miracle'.
[REVUE] Antoine Adam, Jean Aicard, Marc Alyn, Jean Babelon, Yvette Barre-Barteaux, Camille Barthélémy, Jacques Baudou, Pierre Béarn, Camille Belliard, Louise Bellocq, Luc Bérimont, Charles Bertin, Jeannette Besançon-Flot, Paul Bialais, Jean Biès, Maurice Blin, Françoise Blond, Georges Bouillon, Maurice Bourg, Charles Braibant, Benoit Braun, Thomas Braun, André Breton, Suzanne Briet, Carlo Bronne, Roger Brucher, Charles Bruneau, Jean-Paul Brunet, Pierre Brunon, Roger Caminade, Albert Caquot, Jules Carrez, Carzou, Jean Cazenobe, Robert Cecconello, Elise Champagne, J. Charlet, Suzette Clément-Bodart, (Colette), Hubert Collin, Colonel Compagnon, Pierre Congar, Yves Congar, René Constant, Roger Cordier, Raymond Creuze, (Vera Cuningham), André Danjon, (Dante), Marcel Dardoise, Paul Dauchy, René Daumal, L.R. Dauven, Gabriel Delattre, Marie Delcourt, Bernard Delmas-Payer, Paul Denis, Victor Demanet, Patrick Demouy, Marcel Derwa, André Dhôtel, Marie-Thérèse Donnay, Gustave Doré, Michel Doury, Paul Dresse, Blaise Druart, Henri Druart, René Druart, Jean Ducasse, (Charles Duits), André Dulière, René Dumesnil, René Dürrbach, M. Failly, Lionello Fiumi, (Flaubert), Yves Florennes, Jean Follain, Paul Fort, Maud Frère, Raymond Gailly, André Galland, Yves Gandon, Jean-Pierre Gehin, Maurice Genevoix, Pierre Gentil, Gabriel Germain, Giacomelli, Yves Gibeau, R. Gillard, Michel Gillet, Willy Gilson, (Godefroy de Bouillon), Robert Goffin, E. Golfouse, Armand Got, Grandville, (Grévisse), Henri Guillemin, Guillevic, Paul Guth, François Héber-Suffrin, Jean Héber-Suffrin, Maurice Henry, (François de Herain), Jean Héraux, Dominique Hoizey, Robert Hossein, Houdon, Marie Howet, Lucien Hubert, Georges Jacquemin, Adrien Jans, Raymond Jubert, Hubert Juin, Anne-Marie Kegels, Frédéric Kiesel, Françoise Korganov, Maurice Kunel, Elisabeth de La Mauvinière, Henry de La Tour, Denise Laborde, Marcel Lallemand, Armand Lanoux, Georges Laurent, Jean L'Herbault, France Lambert, Armand Lanoux, Georges Laurent, Paul Leclers, Camille Lecrique, Suzette Lefèvre, Jean Leflon, Fernand Léger, Jeannine Lelièvre, Jules Leroux, Jean Levy, Jacques-Gérard Linze, J.K. Longuet, Gérard Macé, (André Malraux), Pierre Manil, Jean Marchal, Maugis, André Maurois, Jean Mazeraud, Mehul, P. Michel, (Albert Mockel), Arsène Muzerelle, (Agnès Nanquette), Général Nerot, Alphonse de Neuville, Etienne Noiret, Général Noiret, (Marcel Noppeney), Pierre Nothomb, Christine Orbey, Michel Pakenham, (Paul Palgen) (Georges Paulet), Jean Paulhan, Joséphin Péladan, Louis Pergaud, Patrick Perin, Régine Pernoud, Pierre Petitfils, Pierre-Luc Petitjean, André Pézard, Jean Piaubert, Gaston Picard, Michel Picard, Marie-Pierre Pinard, Maurice Piron, Charles Plisnier, Henri Pourrat, J.-M. Poussart, Michel Prince, Jean Renac, Paul Renaudin, Patrick Reumaux, Graham Reynolds, Pierre Richard, Arthur Rimbaud, René Robinet, Jeanne Roge, Jean Rogissart, Pierre Rogissart, Elyane Ronnet, Félicien Rops, Elisabeth Rouy, Noël Ruet, Christophe Ryelandt, Saint-Pol-Roux, Jacques Saunier, Michel-Paul Sécheret, Pierre Seghers, Jean Servais, Arsène Soreil, Michel Taillandier, Roger Taillardant, Stéphane Taute, André Theuriet, Marcel Thiry, Charles Thomas, Jacques Thomas, Eva Thomé, Gaston Titaux, Suzanne Tourte, Marc-Edo Tralbaut, Noël Tuot, Jacques Vadon, (Roger Vailland), Jean-Paul Vaillant, Philippe Vaillant, Edmond Vandercammen, Jacques Vaucherot, (Verlaine), Max Vilain, Y. Vineuil, René Violaines, Robert Vivier, Patrick Vloebergh, Jean-Claude Vuaroqueaux, Louise Weiss, Elie Willaime.
Reference : 5194
LA GRIVE, 1958-1972. 33 fascicules in-8, agrafés ou brochés.
Manquent les numéros 101-106, 108, 127, 130, 133-137, 139, 143, 146, 154. [5194]
Paris, l'Auteur, Imprimerie Félix Malteste et Cie, 1856-1858. 21 pièces et 1 feuillet de table manuscrit reliés en 1 vol. in-12, demi-chagrin noir, dos à nerfs (reliure de l'époque).
Exceptionnelle réunion de 21 brochures sur la communauté icarienne fondée par Etienne Cabet (1788-1856) « l'un des mouvements communisants les plus marquants du XIXe siècle [qui] conduisit plusieurs centaines de socialistes à La Nouvelle-Orléans en 1848-1849 : [Cabet] y racheta l'ancienne colonie mormone de Nauvoo (dans l'Illinois) qui, sous sa direction, devait compter jusqu'à mille huit cents personnes avant d'éclater en 1856 sous l'effet de graves dissensions internes » (BnF, Utopie, 2000, p. 226).Jean-Pierre Béluze ou Beluze (1821-1908), gendre posthume de Cabet et son successeur, anima le mouvement de coopération sous le Second Empire. « Pendant douze années, Béluze assura ainsi la direction du " Bureau icarien de Paris ", chargé de propager la doctrine et de venir en aide aux colonies de Nauvoo et de Cheltenham, en même temps que de trouver de nouveaux adhérents et de les mettre en route pour Icarie. Cette activité le conduisit à de nombreux voyages en province. En février 1856, par exemple, il était signalé dans la région de Poligny, dans celle de Montbéliard, à Dôle, à Arbois. Il était dénoncé à de nombreux parquets, fut plusieurs fois poursuivi, et deux fois emprisonné (ainsi lors d’une condamnation à quinze jours de prison prononcée pour distribution d’écrits et colportage, le 12 avril 1856, par le tribunal correctionnel de Besançon). De janvier 1852 à décembre 1855, il put collecter 150 000 F environ, sur lesquels 115 000 furent envoyés à Nauvoo. Les frais de bureau ne s’étaient pas, durant le même temps, élevés à 20 000 F, sur lesquels il avait payé une pension alimentaire annuelle de 3 000 F à la femme et à la fille de Cabet, Céline, femme de Firmin Favard* et sa future femme, et assuré le fonctionnement du bureau : cela faisait à peine 1 750 F par an pour la rétribution du gérant, le loyer et les fournitures de bureau. Après la scission dans la colonie, et après la mort de Cabet, survenue le 8 novembre 1856, Béluze continua à recevoir son traitement, porté à 3 000 F, à charge pour lui de subvenir à toutes les dépenses de fonctionnement. La veuve de Cabet et sa fille Céline, elle-même devenue veuve, étaient, avec Béluze, les seuls employés du bureau et les mandataires de la colonie de Saint-Louis. Béluze s’efforça d’entraver le déclin de l’école icarienne. Il maintint un minimum de liaison avec les groupes de province, notamment avec celui de Lyon. Toutefois, en présence des difficultés et des déboires, devant le zèle fléchissant des disciples d’Icarie, il commença à éprouver des doutes sur la portée et la valeur de l’expérience communiste tentée par Cabet. Sa pensée évolua et s’éloigna peu à peu des idées qu’il avait professées jusque-là. Le 6 janvier 1863, alors que depuis deux ans il avait dû, pour alléger les charges du " Bureau icarien ", ouvrir un cabinet d’affaires à son nom et épouser Céline Favard (le 20 mars 1862), pour sauver la fille et la femme de Cabet d’une misère prochaine, il donna sa démission de gérant du bureau » (Maitron). Cachet répété "Timbre impérial" ; quelques pâles mouillures et salissures. Contient : 1. [CABET (Étienne)]. Opinions et sentiments publiquement exprimés concernant le fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, mars 1856. 36 pp., premier plat couverture conservé. Prudhommeaux, B.592. [CABET (Étienne)]. Le fondateur d'Icarie aux Icariens. Paris, l'auteur, avril 1856. 11 pp., premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, B.613. [CABET (Étienne)]. Guerre de l'opposition contre le citoyen Cabet, fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, août 1856. 72 pp. Prudhommeaux, B.684. [Beluze (Jean-Pierre)]. Lettre sur la colonie icarienne, par un Icarien. Paris, l'auteur, 1856. 46 pp. Prudhommeaux, B.695. [CABET (Étienne)]. Manifestes de l'opposition et réponse du citoyen Cabet. Paris, l'auteur, 1856. 24 pp. premier plat couverture conservée. Prudhommeaux, B.716. [CABET (Étienne)]. Départ de Nauvoo du fondateur d'Icarie avec les vrais Icariens. Paris, l'auteur, 1856. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, B.727. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Mort du fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, 1856. 12 pp., premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, C.028. [BELUZE (Jean-Pierre)].La Colonie icarienne à Saint-Louis. Paris, l'auteur, 1857. 24 pp. premier plat de couverture conservé. Prudhommeaux, C.039. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Célébration du premier anniversaire de la naissance du fondateur d'Icarie. Paris, l'auteur, mars 1857. 23 pp., couverture conservée. Prudhommeaux, C.0410. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Célébration à Saint-Louis du neuvième anniversaire de la fondation d'Icarie. Paris, l'auteur, avril 1857. 24 pp. Prudhommeaux, C.0611. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Compte-rendu de la Gérance de la Communauté icarienne, à Saint-Louis, sur la situation morale et matérielle de la Communauté pendant les mois de novembre et décembre 1856 et les mois de janvier et février 1857. Paris, l'auteur, mai 1857. 24 pp. Prudhommeaux, C.0812. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Organisation du travail dans la communauté icarienne. Paris, l'auteur, 1857. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.0713. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Emprunt icarien de un million de francs. Paris, l'auteur, juillet 1857. 21 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.1014. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Contrat social ou Acte de société de la communauté icarienne. Lois sur l'admission. Paris, l'auteur, août 1857. 46 pp. Prudhommeaux, C.1115. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Notre Situation à Saint-Louis. Paris, l'auteur, octobre 1857. 23 pp. couverture conservée. Prudhommeaux, C.1216. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Lettre à Maximilien. Paris, l'auteur, 1858. 45 pp. Prudhommeaux, C.14 17. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Deuxième lettre à Maximilien. Paris, l'auteur, mars 1858. Paginé 52-70. Prudhommeaux, C.14 18. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Compte-rendu de la situation morale et matérielle de la communauté, du mois d'août 1857 au mois de février 1858. 26 pp. Prudhommeaux, C.1319.[BELUZE (Jean-Pierre)]. Cheltenham. Paris, l'auteur, 1858. 22 pp. Prudhommeaux, C.1520. [BELUZE (Jean-Pierre)]. Inauguration du cours icarien. Paris, l'auteur, 1858. Prudhommeaux, C.1621. Blanc (Louis). Le Socialisme. Droit au travail. Troisième édition Paris, Au bureau du "Nouveau-Monde", 1849. 72 pp.
PALÉZIEUX (Gérard de.) - TAL COAT (Pierre) SARTO (Pietro) - DECOSTERD (Marianne) - LIERHAMMER (Ilse) - RODARI (Florian) - QUINCHE (Edmond) - BONNEFOY (Yves) - JACCOTTET (Philippe) - VOELIN (Pierre) - CHESSEX (Jacques) - CHAPPAZ (Maurice) - DU BOUCHET (André) - HOLAN (Vladimir) - OSTER (Pierre) - DUPLAIN (Michel) - SCHOPFER (Pierre) - YERSIN (Albert) -
Reference : 43573
Genève, 1989. Directeur : Florian Rodari. Un volume broché (18,8x26,5 cm) sous couverture rempliée, 319 pages non coupées. Textes de Yves Bonnefoy, Jean Tortel, Philippe Jaccottet, Jacques Chessex, Vladimir Holan, Pierre Oster, Paul de Roux, Guy Goffette, Sando Penna, Umberto Saba, Pierre Voélin, Anne Perrier, Claude Esteban, Jean-Luc Sarré, Jacques Dupin, Philippe Denis, André du Bouchet, Jacques Réda, John E. Jackson, Maurice Chappaz, etc. Édition originale : tirage de tête, un des 50 exemplaires mis hors commerce et destinés aux auteurs et artistes (n° XXV) sur vélin à la forme du Moulin de Pombié, signé au colophon par Gérard de Palézieux, Pietro Sarto, Marianne Décosterd, Pierre Schopfer, Michel Duplain, Ilse Lierhammer, Edmond Quinche, Marcel Mathis, Jérôme Baratelli, Florian Rodari et Pierre-Alain Tâche. Avec un envoi autographe signé de Florian Rodari. Complet des 10 estampes originales : pierre gravée de Albert Yersin, gravure de Gérard de Palézieux, aquatinte de Pietro Sarto, eau-forte de Marianne Décosterd, cliché-verre de Pierre Schopfer, eau-forte de Ilse Lierhammer, eau-forte de Michel Duplain, lithographie d’Edmond Quinche, eau-forte de Pierre Tal Coat, lavis de Marcel Mathys. Très bel exemplaire.
Après seize ans à la tête de cette belle revue de poésie et d'art suisse, Florian Rodari et Pierre-Alain Tâche ont demandé à leurs amis poètes et artistes de participer à ce dernier numéro anthologique sous leur direction. Tous nos livres sont visibles sur notre site : https://www.livrepoesie.com/
Paris jeudi 4 avril [1889] | 12.50 x 20 cm | 4 pages sur un double feuillet
Lettre autographe signée de Pierre [Louÿs], adressée à son père, quatre pages rédigées à l'encre noire sur un double feuillet de papier blanc.Pliures transversales inhérentes à la mise sous pli. Cette lettre a été expédiée par le jeune Pierre Louÿs alors qu'il fait ses études au lycée Janson-de-Sailly (Paris - 16e). Il s'agit vraisemblablement de l'une des dernières lettres de Pierre Louÿs à son père, dix jours avant le décès de celui-ci :«Sais-tu qu'avant quinze jours je serai auprès de toi ? [...] Puis-je espérer que d'ici là tu auras repris un peu de forces ?» La question de la réelle identité du père de Pierre Louÿs fascine aujourd'hui encore les biographes: «Son père, Pierre Philippe Louis, [...] avait épousé en 1842 Jeanne Constance Blanchin, qui mourut dix ans plus tard après lui avoir donné deux enfants, Lucie et Georges. En 1855, il se remaria avec Claire Céline Maldan, et de cette union naquit, en 1857, un fils, Paul; puis, en 1870, notre écrivain, qui reçut les prénoms de Pierre Félix. Cette naissance tardive, les différences de caractère entre le père et le fils, la désaffection du premier à l'égard du second, la profonde intimité qui régna toujours entre Louÿs et son frère Georges, tout cela a fait soupçonner à certains biographes et critiques que ce dernier était en réalité le père de l'écrivain. La relation exceptionnellement intime et constante que Pierre et Georges maintinrent entre eux toute leur vie, pourrait être un argument en ce sens. Bien entendu, on n'a point découvert de preuve irréfutable, et on n'en découvrira sans doute jamais. Il n'empêche que certaines lettres [...] sont assez troublantes. En 1895, par exemple, Louÿs écrit gravement à son frère qu'il connaît la réponse à «la question la plus poignante» qu'il puisse lui poser, question qu'il a «depuis dix ans sur les lèvres». L'année suivante, en plein triomphe d'Aphrodite, il remercie Georges avec effusion et termine sa lettre par cette phrase: «Pas un de mes amis n'a un PERE qui soit pour lui comme tu es pour moi.» Arguant de l'étroite intimité de Georges et de Claire Céline durant l'année 1870, et de la jalousie que le père ne cessa de montrer vis-à-vis de son fils cadet, Claude Farrère n'a pas hésité à conclure en faveur de Georges Louis. Et que penser de cette dédicace de Louÿs à son frère sur un japon de l'originale de Pausole: Pour Georges, son fils aîné / Pierre.» (Jean-Paul Goujon, Pierre Louÿs) Pierre Louÿs n'a que neuf ans lorsque sa mère décède brusquement. Le père confie dès lors son éducation à son frère Georges, de vingt ans son aîné et Pierre le rejoint alors à Paris où il fréquente l'Ecole Alsacienne puis le lycée Janson-de-Sailly. Malgré le peu d'affection que lui montre celui-ci, le jeune homme écrit toutes les semaines à son «cher papa», résidant à Dizy-Magenta près d'Epernay. Le jeune homme s'enquiert de sa mauvaise santé: «Puis-je espérer que d'ici là tu auras repris un peu de forces? Sans doute. Ton eczéma, nous le souhaitons, n'aura pas augmenté; et les feuilles vertes qui commencent à poindre te donneront peut-être de l'espoir à toi-même, pour un mieux l'été prochain.» Le «mieux» ne viendra hélas pas, et Pierre Philippe Louis rendra son dernier soupir le 14 avril 1889. En attendant, Pierre Louÿs donne des nouvelles de la famille, plus précisément de Germaine, la fille de sa sur Lucie: «J'ai été aujourd'hui rue de la Santé prendre des nouvelles de Germaine. J'ai trouvé la petite opérée en très bon état, très gaie et bien portante. Elle était levée, et jouait par terre. [...] Enfin j'ai terminé ma journée en allant chez ma tante Marie et chez Elisabeth. Tout le monde va bien dans les deux maisons...» Comme à son habitude, toujours soucieux de décevoir son père, il lui transmet finalement ses résultats scolaires: «je retourne demain au lycée (Georges t'a-t-il dit que j'avais été second en Anglais?)» - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Georges Duvau, Gérard Rosenthal, Pierre Villoteau, Jean Albert-Weil.
Reference : 33666
Paris, Du n° 1, [mars 1921] au n° 16, été 1924. Directeurs : Georges Duvau, Gérard Rosenthal, Pierre Villoteau, Jean Albert-Weil. Collection complète. 16 numéros en 17 livraisons in-8 agrafées, sous emboîtage. Éditions Au Sans pareil son dépositaire général, à partir du n° 13. Textes de Louis Aragon, Marcel Arland, Henri Béraud, Francis Carco, Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Maurice David, Joseph Delteil, Tristan Derème, Pierre Drieu La Rochelle, Georges Duvau, Francis Gérard [Gérard Rosenthal], Max Jacob, Valery Larbaud, Mathias Lübeck, Pierre Mac Orlan, Maurice Martin du Gard, Paul Morand, Pierre Naville, Pascal Pia, Léon Pierre-Quint, Jacques Porel, Raymond Radiguet, Pierre Reverdy, André Salmon, Marcel Sauvage, Camille Schuwer, Philippe Soupault, André Spire, etc. Bien complet des deux numéros 12, lun daté décembre 1922, comprenant un texte de Henri Béraud : « La Nature a horreur du Gide », lautre janvier 1923, un poème de Jacques Porel remplaçant le texte de Béraud. Joint le Supplément au n° 14, 1 f. recto-verso sur papier rose. Faibles traces de rouille au niveau des agrafes sur les premiers n°, très bel état par ailleurs.
Paris [18]93 | 13.50 x 14.50 cm | quatre pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée de Pierre [Louÿs] datée de Noël [18]93 adressée à Georges Louis. Quatre pages rédigées à l'encre bleue sur un double feuillet bleu aux initiales de l'écrivain et à en-tête du 49 rue Vineuse. Belle lettre adressée à son frère Georges Louis avec qui Pierre Louÿs entretint une très intime relation et qu'il considéra comme son propre père. La question de la réelle identité du père de Pierre Louÿs fascine aujourd'hui encore les biographes:«Son père, Pierre Philippe Louis, [...] avait épousé en 1842 Jeanne Constance Blanchin, qui mourut dix ans plus tard après lui avoir donné deux enfants, Lucie et Georges. En 1855, il se remaria avec Claire Céline Maldan, et de cette union naquit, en 1857, un fils, Paul; puis, en 1870, notre écrivain, qui reçut les prénoms de Pierre Félix. Cette naissance tardive, les différences de caractère entre le père et le fils, la désaffection du premier à l'égard du second, la profonde intimité qui régna toujours entre Louÿs et son frère Georges, tout cela a fait soupçonner à certains biographes et critiques que ce dernier était en réalité le père de l'écrivain. La relation exceptionnellement intime et constante que Pierre et Georges maintinrent entre eux toute leur vie, pourrait être un argument en ce sens. Bien entendu, on n'a point découvert de preuve irréfutable, et on n'en découvrira sans doute jamais. Il n'empêche que certaines lettres [...] sont assez troublantes. En 1895, par exemple, Louÿs écrit gravement à son frère qu'il connaît la réponse à «la question la plus poignante» qu'il puisse lui poser, question qu'il a «depuis dix ans sur les lèvres». L'année suivante, en plein triomphe d'Aphrodite, il remercie Georges avec effusion et termine sa lettre par cette phrase: «Pas un de mes amis n'a un PERE qui soit pour lui comme tu es pour moi.» Arguant de l'étroite intimité de Georges et de Claire Céline durant l'année 1870, et de la jalousie que le père ne cessa de montrer vis-à-vis de son fils cadet, Claude Farrère n'a pas hésité à conclure en faveur de Georges Louis. Et que penser de cette dédicace de Louÿs à son frère sur un japon de l'originale dePausole: Pour Georges, son fils aîné / Pierre.» (Jean-Paul Goujon,Pierre Louÿs) Pierre Louÿs envoie cette lettre à son frère alors que celui-ci vient de prendre ses fonctions de délégué de la France à la Commission internationale de la dette égyptienne et se trouve au Caire : «La lettre où tu me demandais d'acheter un cadeau de jour de l'an m'est arrivée trop tard (vingt quatre heures) pour que je puisse l'envoyer à temps. J'espère que tu auras pu trouver quelque chose là-bas.» Faute de cadeau, Pierre a pu transmettre à son frère un portrait de lui: «En même temps que ma dernière lettre j'ai mis à la poste pour toi une photo du photographe ordinaire de Jane Hading, et qui représente un Pierre posthume et sentimental, assez ressemblant tout de même. L'épreuve n'était pas très propre, mais c'était la seule que j'eusse encore reçue.» On ne connaît à l'heure actuelle que très peu de portraits photographiques de l'écrivain et il ne nous a pas été possible d'identifier le cliché dont il est ici question. L'année 1893 est marquée par plusieurs succès littéraires pour Pierre Louÿs qui n'avait jusqu'ici publié qu'Astarté à compte d'auteur en 1891 et avait aux côtés d'André Gide, son ami de l'Ecole Alsacienne, et Paul Valéry créé La Conque, « anthologie des plus jeunes poètes » dont le premier numéro vit le jour le 15 mars 1891. Coup sur coup, paraissent Chrysis ou la cérémonie matinale, la traduction des Poésies de Méléagre et enfin Lêda ou la louange des bienheureux ténèbres. Il est d'ailleurs question de ce dernier titre dans notre lettre: «Mallarmé m'a écrit des choses pompeuses sur Lêda; mais de sa part cela ne signifie rien.» Pierre Louÿs fréquenta Mallarmé dès les années 1890 et rencontra à ses «mardi» de nombreuses personnalités, notamment Henri de Régnier. Très admiratif des vers du maître symboliste qu'il
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[Maret] - Audiberti - Pierre Albert-Birot - Jean Cayrol - Henry Charpentier - Yanette Delètang-Tardif - Jean Follain - Pierre Guéguen - Pierre-Jean Launay - Armen Lubin - Fernand Marc - Jacques Maret - René Meurant - André Salmon
Reference : 013999
(1935)
Paris S.n. Dépôt ches Corti, 11 rue Médicis. 1935 In-4 En feuilles, sous chemise et portfolio à rubans Edition originale
EDITION ORIGINALE de cette revue d'inspiration surréaliste dirigée par Jacques MARET. Textes de Audiberti, Pierre Albert-Birot, Jean Cayrol, Henry Charpentier, Yanette Delètang-Tardif, Jean Follain, Pierre Guéguen, Pierre-Jean Launay, Armen Lubin, Fernand Marc, Jacques Maret, René Meurant et André Salmon, imprimé au recto sur 13 feuillets, & 6 feuillets d'illustration de Jacques Maret, sous un feuillet plié en deux avec le titre et le colophon. Tirage unique à 95 exemplaires numérotés sur pur fil Lafuma. > Revue en feuille sous carton à dessin avec cordons, dos toilé. Sur le premier plat collage en couleurs avec le titre imprimé. Très bon 0
DE LA BATUT, Pierre ; PAULHAN, Jean ; SUPERVIELLE, Jules ; COPEAU, Jacques ; GARRICK, Yvonne ; ACHARD, Paul ; DAYOT, Armand ; DEKOBRA, Maurice ; ANTOINE, André ; FOLEY, Charles ; SERVAIS, Jean ; BIRABEAU, André ; JOINARD, Achille ; ARMORY ; SARMENT, Jean ; GILLET, Louis ; MAURRAS, Charles
Reference : 44475
(1914)
Ensemble de plus de 40 pièces, entre 1914 et 1951 dont : Jean Paulhan : L.S. (non datée) : "Merci de votre lettre et des deux manuscrits. La Fille aux diables m'a intéressé, et j'attendrai impatiemment la deuxième version promise. Pour l'homme d'affaires, vous avouerai-je, si les changements de composition me semblent heureux, que je ne suis pas sans regrtetter le ton de la première version". - Jacques Copeau (21 février 1941 : "Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais eu sous les yeux l'ouvrage dont vous me parlez. [ ...] ) - Jules Supervielle, 2 L.A.S. (à Pierre puis à son fils : ) "24 janvier 1949 : J'ai gardé un excellent souvenir de votre père qui était en effet un de mes bons amis. Mais je n'ai jamais écrit de préface [ ...]) - Achille Joinard, Président de La Rose Blanche, Directeur du Mousquetaire (LAS sur carte de visite, recommandation de Pierre de la Batut au Général Rebillot) - Plusieurs prospectus de pièces de théatre de Pierre de La Batut, un bulletin de déclaration à la SACD - Paul Achard : 2 LAS (... il est convenu que vous me donnez une option d'un an pour céder à une maison de production cinématographique [ ...] les droits d'adaptation de votre roman L'homme d'Affaires) - Yvonne Garrick : 2 LAS (On m'offre un rôle dans la pièce qu'on monte de suite à l'Oeuvre mais il n'y a qu'une scène avec Fresnay, croyez(vous que je doive accepter ? Moreno s'est bien rendu célèbre avec 1 scène !" - Courrier de la Société des Gens de Lettres ("Pourriez-vous joindre au portrait un autographe d'Edouard Dentu) - Armand Dayot (2 L.A.S.) - Plusieurs courriers de Journaux et Maisons d'Edition (NRF, Echo de Paris, J. Dupuis et Cie, Art et Connaissance ) - Jean Servais : 3 LAS (il sollicite auprès de Pierre de La Batut puis auprès de son fils leur accord pour une adaptation cinémétographique du roman "Le Consentement" - André Birabeau : 2 L.S. à Francis de La Batut : "Les héritiers de René Boylseve vienne d'autoriser un musicien et un librettiste à tirer une opérette de "La leçon d'Amour dans un Parc". J'ai obtenu que la comédie que votre père et moi avions faite autrefois [ ...] soit utilisée pour cette adaptation musicale". (on joint une LAS de Gérard Failly exécuteur testamentaire de René Boylesve) - André Antoine : 1 L.S. (13 juillet 1913 : sur une pièce passant au comité de lecture du Théatre National de l'Odéon) - Pierre de La Batut : Contrat sur papier timbré signé avec le directeur du Théâtre de Verdun du Pré Catelan, 18 avril 1914. - Albert Pestour, rédacteur en chef du "Salut National" : "28 janvier 1930 [...] M. de Choiseul a eu peu d'un procès [ ...] j'ai tripoté votre texte au galop, car l'heure pressait [ ...] - Armory, L.S. 1941 - Jean Sarment, 1 L.A.S. et 1 L.S. (1939) - Charles Foley, 1 L.A.S. 1925 - Louis Gillet, 1 L.A.S. (16 août 1934) - Charles Maurras, 1 L.S. à en-tête de l'Action Française ( 5 mars 1938)
Intéressant lot d'archives familiales réunissant courriers autographes de personnalités littéraires et documents d'intérêt littéraire adressés à Pierre de la Batut (ou relatif à lui et adressés à son fils). On croise dans ces courriers quelques pseudonymes de l'écrivain : Pierre Tantare et Jean Dentu (du nom de sa mère, Jeanne Dentu, fille de l'éditeur Edouard Dentu).
1986 Presses Universitaires de Nancy, 1986 - 1991. 5 volumes in 4° reliés toile bleue de l'éditeur, jaquettes illustrées, très bon état. CX, 500 ; 660 ; 652 ; 602 et 197 pages, tables et index.
Pierre Fourier est un religieux catholique lorrain, né à Mirecourt1, le 30 novembre 1565 et mort à Gray le 9 décembre 1640. Il est considéré par ses biographes comme l'un des pionniers de la Réforme Catholique, dans le sillage du Concile de Trente et d'autre part comme pionnier en matière d'éducation (promotion de l'enseignement des filles et de la méthode pédagogique dite simultanée). Le pionnier de la Réforme Catholique : Deux périodes historiques contrastées chevauchent la vie de Pierre Fourier : La période brillante et féconde des règnes des Ducs de Lorraine ( Charles III de 1559 à 1608, et Henri II de 1608 à 1624) et une période d'atroces misères avec la Guerre de Trente Ans. Une telle chute des sommets vers les bas-fonds a sans doute inspiré la gravité dramatique qui traverse sa vie et son oeuvre. Les années de son existence (dernières décennies du XVIe siècle et premières du XVIIe siècle) sont celles d'une mutation profonde du monde occidental: celle de l'expansion de l'Humanisme, de la diffusion du livre, celle aussi du passage d'une société terrienne à une société urbanisée, d'une économie rurale à une économie d'affaires. « Par sa large culture, sa pastorale fervente, la hardiesse de ses initiatives, par l'ampleur et la qualité de ses écrits, Pierre Fourier s'impose comme un témoin privilégié de la Réforme Catholique » Deux sources majeures l'ont inspiré : Le Concile de Trente et l'enseignement de l' Université jésuite de Pont-à-Mousson. Au cours de ces années de transition, il sait tirer des conséquences pratiques remarquables dans de nombreux domaines . D'où son intéret pour l'école et la culture, pour la promotion de la femme dans différents secteurs d'activité, pour le développement du crédit, pour une politique fondée non plus seulement sur des dynasties mais sur des principes moraux et le respect scrupuleux de la Loi. Jeunesse dans la Lorraine Tridentine : Fils dun marchand drapier (son père est maître de la Frairie des drapiers de 1579 à 15816), il voit le jour au lendemain du Concile de Trente, alors que se lève en occident le renouveau spirituel de la Réforme Catholique. La Lorraine, terre de forte catholicité, accueille et applique sans difficulté les décrets conciliaires à la différence de la France qui demeure toujours réservée vis-à-vis des décisions romaines, du fait de ses positions gallicanes. En 1578, à l'âge de 14 ans, il entre à la Faculté jésuite des Arts de Pont-à-Mousson où il poursuit pendant six ans des études de grammaire et de rhétorique. Son cousin Jean Fourier (1559-1636) y est professeur de théologie avant de devenir recteur de l'université. Le Père jésuite Louis Richeome - surnommé le Cicéron français- le marque profondément avec sa conception optimiste de la nature humaine qui rejoint l'enseignement du Concile de Trente et annonce l'Humanisme dévot. En 1585, il rejoint à côté dÉpinal, est ordonné prêtre en 1585. Il revient à l'Université de Pont-à-Mousson où il accomplit pendant sept ans des études de théologie et de droit, au contact du légiste Pierre Grégoire fondateur de l'«École doctrinale de Droit Public de Pont-à-Mousson». Il est formé à la théologie de Saint Thomas actualisée par le dominicain Cajetan. La Lorraine connaît à cette époque une période faste marquée par le déclin du régime féodal et l'affermissement de l'autorité de l'État : mise en place d'une magistrature, centralisation du pouvoir ducal, institution des États-généraux. De profondes nouveautés économiques voient également le jour : montée du crédit et du commerce d'exportation, instauration d'une économie dirigée qui préfigure le Colbertisme. On lui confie en 1623 la réforme de l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin à labbaye de Chaumousey, ordre religieux tombé dans un certain laxisme . À de nombreuses reprises entre août 1625 et janvier 1626, Pierre Fourier séjourne à l'abbaye de Domèvre-sur-Vezouze. Il institue la Congrégation de Notre-Sauveur dont il devient le supérieur pour le duché de Lorraine en 1632. Curé de Mattaincourt : En 1597, il devient le curé de Mattaincourt (Vosges) , paroisse où résident de nombreux foyers protestants et considéré par les autorités catholiques comme un village « déchristianisé », dont il reste le curé jusqu'à sa mort en 1640. Il associe son ministère rural à de grands projets apostoliques comme l'institution de la Congrégation Notre-Dame, la réforme des chanoines réguliers et la création d'un enseignement élémentaire, que ses biographes tiennent pour ses titres de gloire essentiels. Détenteur en tant que curé de Mattaincourt des droits de moyenne et basse justice, il exerce les pouvoirs de seigneur justicier. Voir section ci-dessous : Les fonctions administratives ) Le même privilège de juridiction lui permet de faire montre d'un grand dévouement pour les pauvres. En ce siècle tourmenté (guerre de Trente ans, famine), il prône la solidarité envers les plus démunis ; il crée un système d'entraide proche du Secours catholique qu'il appelle une petite dévotionnette (équipe de cinq à six laïques qui collectent des vivres et les distribuent), et il met en place une soupe populaire. Pour éviter aux artisans en difficulté davoir à emprunter de largent aux usuriers, il crée une caisse mutuelle : la bourse Saint-Epvre qui prête sans gage et sans intérêt Il oeuvre pour la promotion de la santé ( nourriture saine, salubrité des locaux, pureté de l'eau consommée) et participe activement à la lutte contre la Grande Peste de 1631-32 en édictant des règles et des pratiques qui enrayent la progression du mal. La pastorale éducative et la méthode « simultanée » : Le concile de Trente rappelle le rôle de la catéchèse mais aussi celui de la culture profane dans l'évolution spirituelle du chrétien. Pierre Fourier écrit aux religieuses de Mirecourt en 1619 :« Gagner une seule âme dans vos écoles..., est plus que de créer un monde ». Pour satisfaire au besoin d'instruction des filles il crée avec de jeunes bourgeoises de la ville et avec la romarimontaine Alix Le Clerc, une association qui devient la Congrégation Notre-Dame en 1628 (appelée parfois également la congrégation Saint-Augustin) et qui se destine à léducation gratuite des filles. La première école ouvre non loin de Mattaincourt, à Poussay, où se tient un chapitre de dame Noble, en 1598. Tolérant, il demande aux religieuses d'accueillir à l'école les petites protestantes et insiste dans une de ses lettres pour que rien ne soit fait qui « puisse troubler leur foi ».Cette nouvelle congrégation du fait de son attachement exclusif à l'enseignement des filles ( adjonction d'un quatrième voeu « de l'instruction » aux trois voeux traditionnels des ordres religieux ) marque une date dans l'histoire de l'éducation et dans les progrès des principes pédagogiques l'enseignement ( Recueil de Pierre Fourier , les vrayes constitution de la congrégation Notre-Dame publiées neuf ans après après sa mort, en 1649) : L'enseignement est distribué à des groupes d'élèves au même niveau de formation. 'école est divisée en classes et chacune de celle-ci en plusieurs ordres. Chaque ordre dirigé par une maîtresse comprend quinze à vingt écolières. Usant chacune du même manuel, toutes apprenaient à lire en même temps. Cette méthode neuve, rationnelle et efficace trouvera sa pleine application avec la diffusion du livre à bon marché qui intervient à la fin du siècle. On lui doit l'invention du tableau noir et son introduction dans les classes. Fonctions administratives : Outre ses fonctions de curé de Mattaincourt, Pierre Fourier assurait des fonctions administratives. En effet, les coutumes lorraines de l'époque attribuaient des fonctions municipales au curé de la paroisse. Chaque année, le dimanche avant la saint Jean, il présidait une assemblée où étaient élus le maitre d'école, le marguillier qui gérait les biens de l'église, un échevin et un lieutenant de justice. Par délégation du duc de Lorraine, il rend la basse et la moyenne justice (selon que l'amende est inférieure ou supérieure à 10 sols). Depuis 1627, un édit du duc Charles IV obligeait tout individu entrant dans une ville du duché à être en possession d'un certificat attestant qu'il était indemne d'infection contagieuse et en particulier de la peste. Dans la correspondance de Pierre Fourier, on retrouve un certificat qu'il rédige le 15 septembre 1631 : « Je soussigné Curé et Chef de justice à Mattaincourt en Lorraine sous l'autorité de son Altesse, atteste à tous qu'il appartiendra que ce jourd'hui quinzième septembre mil six cent trente et un, Jean Mailfer, fils de Hugues Mailfer, natif de Châlons-en-Champagne, est sorti dudit Mattaincourt, qui y a séjourné dix sept semaines ou environ, au quel lieu Dieu grâce, n'y a aucun danger de peste ni d'autres maladies contagieuses. En foi de quoi j'ai signé les présentes et y apposé le cachet de notre justice. Faict audit Mattaincourt les an et jour que dessus »Outre son action durant l'épidémie de peste, il impose un rationnement du blé lors de la disette de 1626, selon le principe chacun selon ses besoins et non pas en fonction de sa fortune.L'exil :Alors que Louis XIII et le cardinal de Richelieu essaient dannexer le duché de Lorraine, sa fidélité à son souverain légitime, le duc de Lorraine et de Bar Charles IV, lui vaut dêtre expulsé en 1636 par le redoutable prélat. Il trouvera refuge à Gray en Franche-Comté, alors possession espagnole. Il a alors 71 ans. A son arrivée, il ne trouva pour logement qu'un réduit de 2 m 90 × 2 m 70 et 2 m 42 de haut, dans une vieille tour carrée, ayant seulement 3 fenêtres pour l'éclairage et une vieille cheminée (datant de 1338) pour se chauffer.Même dans l'adversité, il reste un patriote lorrain très attaché à la famille ducale. Depuis trois ans à Gray, dans une lettre adressée à la duchesse Nicole, il l'assure de sa fidélité et de son attachement à la famille ducale en ces termes : « comme très humbles et très fidèles et très obéissants sujets, portent en tout temps à leurs bons princes, et encore à leurs bonnes princesses. C'est le cur des lorrains ».Il y meurt quatre ans plus tard à l'âge de 75 ans.Vénération :Pierre Fourier est l'archétype du patriote Lorrain. Ses portraits (vitraux, statues...) sont le plus souvent auréolés de sa devise, qu'il a reprise à saint Ambroise : Obesse nemini, omnibus prodesse (ne nuire à personne, être utile à tous).Aujourd'hui certains établissements scolaires portent son nom, par exemple à Mirecourt, Paris dans le 12ème arrondissement, à Lunéville en Lorraine et à Gray. Une statue le représentant (uvre du sculpteur français Louis Noël) orne l'un des piliers entourant l'autel surplombant la tombe de l'apôtre Saint Pierre au centre de la Basilique Saint-Pierre de Rome.(Notice Wikipedia) Remises possibles sur les achats en lot, achetez plusieurs objets à la fois ! Reçoit sur rendez-vous pour consultation des ouvrages.