Mercure de france 1968 in8. 1968. Broché.
Reference : 100052631
Etat Correct intérieur propre
Un Autre Monde
M. Emmanuel Arnaiz
07.69.73.87.31
Conformes aux usages de la librairie ancienne.
Paris Éditions du Capitole, coll. "Les Contemporains" 1928 1 vol. relié in-4, bradel de toile marron avec papier reprographié de couleurs brune et verte contrecollé sur les plats et le dos lisse, pièce de titre de maroquin fauve, doublures de papier vert, gardes de papier marron, tête dorée, non rogné, couvertures et dos conservés (Honnelaître), 330 pp., fac similé dépliant, portrait-frontispice par Albert Laurens, et nombreuses photographies et vignettes par Goor. Édition originale. Un des 200 exemplaires numérotés sur Madagascar avec un portrait inédit de l'auteur gravé sur cuivre par Foujita. Montée sur onglet in fine : une longue et belle lettre autographe signée de Gide adressée à Jean Denoël, médecin et homme de l’ombre de la Nrf (4 p. in-8, s.l. [Alger], 16 décembre 1943) : « Vous avez la Foi ; je n'ai pas la foi ; ou même : j'ai la non-foi, l'anti-foi ; et vous le savez bien ; mais n'importe : nous sommes de même religion et nous le sentons tous deux, en dépit de Jammes et de ce que je peux penser ou écrire qui lui paraît impie, blasphématoire ; et notre cœur s'émeut de même, a de semblables battements devant la misère de l'homme, et tolère aussi impatiemment l'injustice ; enfin : auprès de vous, j'y vais de mon meilleur. Vous me manquez beaucoup. » Gide évoque ensuite sa famille dont il a de tristes nouvelles (le décès de son beau-frère Marcel Drouin), le premier numéro à venir de la revue L’Arche, qu'il dirige avec Camus et dont Jean Amrouche est le rédacteur en chef, et la demande de Charlot qui veut utiliser sa préface pour une nouvelle édition des Fleurs du Mal. Ce recueil est le cinquième de la collection « Les contemporains » dirigée par Gustave Pigot. Gide succède à Maurras, Daudet, Proust et Valéry. Il s’agit pour l‘éditeur de laisser la parole à ceux de ses amis ou admirateurs qui n’avaient jusque-là pas eu l’occasion de s’exprimer à son sujet. Gide se mêla bien entendu de la composition de cet ouvrage dédié à sa gloire... Parmi les vingt-et-un contributeurs, on compte des confrères (Mauriac, Maurois, Montherlant, Morand...), des intimes (Copeau, Martin du Gard, Schlumberger...), des critiques (Crémieux, Jaloux, Thibaudet...). De manière particulièrement cocasse, le volume débute par une lettre de Valéry s’excusant de n’avoir pu se joindre à ce concert d’éloges, mais insistant sur leurs différences mutuelles. Comment mieux exprimer son embarras… Et pour faire écho aux polémiques dont il est l’objet, Gide prend le soin de citer perfidement « quelques phrases de M. Henri de Régnier (qui) risquent de se perdre » où son ancien ami dénonce les « pages dégoûtantes » de Si le grain ne meurt et les « élucubrations absurdes » des Caves du Vatican et des Faux-Monnayeurs...
Paris Delamain et Boutelleau 1952 1 vol. broché in-8, broché, non coupé, 568 pp., bibliographie. Édition en partie originale. Un des 43 exemplaires de tête numérotés sur pur fil Lafuma, celui-ci contenant la reproduction des remarques manuscrites d'André Gide sur sa biographie.Édition considérablement augmentée, par rapport à celle de 1933, avec une importante étude critique, « L’Homme », qui aborde le thème de l’amour et de Corydon, de la position politique de Gide et de son passage au communisme et enfin du « drame de son mariage ». Dans une dernière partie, sont regroupés des entretiens avec Gide et ceux qui l’ont connu. Il y a dans cette nécessité d’exhaustivité de Pierre-Quint, le désir de dégager, dans l’œuvre systémique de Gide, un enseignement, une morale. « En un certain sens toute l’œuvre de Gide est de critique : critique littéraire dans Paludes, critique des mobiles de l’action dans Les Caves du Vatican, critique (celle-ci, la plus importante) de l’introspection et des conventions nécessaires au romancier dans Les Faux-Monnayeurs (…) Le récit est de critique parce qu’il aboutit à une question (…) Il semble que Gide remette en question la vie psychologique telle qu’elle a été découpée et étiquetée par la morale et la religion du XIXe siècle – et le principe d’identité même qui la gouverne. »
Paris Amiot-Dumont 1952 1 vol. broché in-8, broché, couverture illustrée, 64 pp, nombreuse reproductions photographiques, dont de rares en couleur, dans son quotidien, de Gide.Édition originale. Un des 150 exemplaires de tête numérotés sur Lana à la cuve.« J’aurais toujours l’air de parler mal de Gide, comme il a l’air de parler mal de moi. Il m’aimait bien et je l’agaçais. Je l’aime bien et il m’agace. » C’est sur ces mots (reproduits en fac-similé) que s’ouvre cet entretien avec Jean Cocteau qui rapporte une relation d’écrivains habitée par une forme de rivalité subtile et respectueuse. « André Gide ne pouvait rien prendre dans mes magasins, et je ne pouvais rien prendre dans les entrepôts de Gide. C’est la raison profonde de notre perpétuelle discorde et de nos excellents rapports. Nous ne vendions pas les mêmes marchandises. »
Genève Revue des Belles-Lettres n° 6 1952 1 vol. broché in-4, broché, 64 pp., reproductions et fac-similé. Édition originale de ce numéro double consacré à André Gide. Textes de Blaise Allan, Pierre Beausire, Jean Coa, Édouard Dubois, Marc Eigeldinger, Robert Hari, Richard Heyd, Jean-Pierre Leyvraz, Auguste Martin. Un des 100 exemplaires de luxe numérotés sur papier Fabriano. Exemplaire truffé in fine de 4 lettres autographes signées de Julien Green adressées à son éditeur Richard Heyd qui signe dans ce numéro l'article « André Gide dramaturge » (au total 3 p. et demie in-4 et 3 p. in-8, chacune avec enveloppe, 5 mars et 14 mars 1949, 4 août 1951 et 2 août 1952). Il le remercie de l'envoi de ses publications et fait l'inventaire de sa propre bibliothèque. Il mentionne Gide a trois reprises, notamment dans la dernière lettre (1952, année de la parution de cet hommage) dans laquelle il explique : « D'autre part, écrire sur Gide m'ennuie. Je pense à lui affectueusement, mais du point de vue littéraire, la page est tournée et j'ai dit tout ce que j'avais à dire. »
Paris Champion 1925 1 vol. relié gr. in-8, bradel demi-maroquin marron foncé, plats de toile bleue, 71 pp. Manque angulaire à la page 19-20, adjudications portées dans les marges.André Gide procéda à la vente des ouvrages les plus précieux de sa bibliothèque (405 numéros) à la veille de partir pour l'Afrique noire. Nous reproduisons sa préface :« Le goût de la propriété n’a, chez moi, jamais été bien vif. Il me paraît que la plupart de nos possessions sur cette terre sont moins faites pour augmenter notre joie, que nos regrets de devoir un jour les quitter. Au surplus, peu soigneux, j’ai sans cesse la crainte que les objets que je détiens ainsi ne s’abîment ; qu’ils ne s’abîment davantage encore si, partant en voyage, je les abandonne longtemps. Projetant une longue absence, j’ai donc pris le parti de me séparer de livres acquis en un temps où j’étais moins sage, que je ne conservais que par faste ; d’autres enfin qui me sont demeurés chers entre tous aussi longtemps qu’ils n’éveillaient en moi que des souvenirs d’amitié. J’y ajoute les exemplaires que je m’étais réservés de mes premiers livres, dont les éditions originales sont devenues rares. A quoi bon les garder dans une armoire d’où jamais je ne les sortais ? Ils pourront amuser quelques bibliophiles, mieux capables que moi de les apprécier. » Cette vente était également l’occasion pour Gide de régler les comptes avec d’anciens amis qui, après lui avoir adressé des dédicaces enflammées, le vouaient désormais aux gémonies, tels Francis Jammes ou Henri de Régnier. Le résultat total fut de 123 000 francs de l’époque.