Paris, Urbain Coustellier, 1705-1707. 2 vol. in-12, veau brun, dos à nerfs ornés de caissons dorés, pièces de titre en maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches mouchetées de rouge. Reliures de l'époque, trois coiffes absentes, coins émoussés. Bon exemplaire. Frontispice h.-t. gravé à l'eau-forte, (12) ff., 403 pp., (1) p.; (4) ff., 545 pp., (11) pp. Rousseurs éparses.
Reference : 17282
Edition originale. C'est certainement l'un des ouvrages les plus spirituels du prolifique abbé Bordelon (Bourges 1653 - 1730). Véritable essai sur le langage, il est présenté sous une forme attrayante en vingt-sept chapitres caractéristiques des différents usages de la langue : la langue du babillard, du silencieux, du polisson, de celui qui dispute, de l'étourdi, du complimenteur, du menteur, du médisant, du nouvelliste, des femmes etc. Chaque chapitre renferme plusieurs maximes suivies de réflexions. Le second volume, paru deux ans après le premier, adopte une forme différente : il s'agit ici d'un recueil de préceptes de bon sens que l'abbé Bordelon dénomme "attentions" sur divers sujets qui concernent la société humaine : attentions sur les sciences et les savants, sur la médecine et les médecins, sur les femmes, sur les spectacles, sur le mariage et les gens mariés, sur les richesses et la pauvreté, sur la superstition etc. Notre exemplaire comprend en outre le livret suivant, relié à la fin du tome I : Lettre sur le livre intitulé La Langue. Paris, Jean Musier, 1706. 23 pp., (1) p. Cette brochure reprend les diverses critiques parues dans les journaux de l'époque pour faire un compte rendu favorable de l'ouvrage de Bordelon malgré son titre jugé bizarre. Bayle en parle également sous un jour favorable dans ses Nouvelles de la République des Lettres en 1705 et 1706. Cioranescu, 12888; Quérard I, 415; Conlon, 12672 et 13079; Laporte, Bibliogr. clérico-galante, 28.
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Paris, 20 mai 1808 in-folio, [3] pp. n. ch., en feuille.
Formulaire pré-imprimé, et renseigné manuscritement, comportant (p. [3]) le diplôme accordé au sieur Mabille par l'institution finalement très peu connue appelée Athénée de la langue française. Le document est accompagné d'une lettre d'introduction, de la reproduction d'un discours de Fabre de l'Aude à Cambacérés (4 août 1807) et d'extraits des Mémoires de l'Athénée.Joseph-Honoré Valant (1763-1829), instituteur né à Perpignan, auteur de quelques ouvrages très oubliés de morale et d'éducation, était alors en effet directeur de l'Athénée de la langue française, société fondée en 1806 pour promouvoir le perfectionnement de la langue, et qui semble n'avoir connu qu'une existence éphémère. Son siège était Rue Neuve-des-Bons-Enfants, et son activité est attestée pour la période 1806-1811. Parmi les membres connus, on peut citer : Cambacérès (seulement comme président-honoraire perpétuel), Carrion de Nisas, Corvetto, Duveyrier, Fabre de l'Aude, Lanjuinais, Millin, Van Praet. À noter que le périodique des Mémoires de l'Athénée de la langue française, attesté par des extraits et des documents, ne semble pas avoir été conservé dans les dépôts publics. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Brest, Gauchlet, An VII [1799]. 1 vol. in-12, (19 x 12 cm) ; [2] ff., IV pp., 64 pp. Broché, sous couverture d'attente de papier bleu, titre manuscrit au dos, en long. Non coupé.
Seconde édition, retouchée et rectifiée par l'auteur, après la première édition de 1779 (à Strasbourg, chez Lorenz et Schouler), qui connut un certain succès. Exemplaire auquel est joint un deuxième cahier A (pp. 1 à 16), en une grande feuille pliée, non reliée et non coupée. "Cette Langue, la première du monde, qui avant le mélange des nations survenues, étoit celle de l'Europe [...], est celle des Celtes-Gomérites, Gombrites ou Bretons. [...] Cette langue, d'abord, est simple et concise, facile et sans embarras, se lisant comme elle se prononce, sans changer comme les autres peuples, le son naturel de ses lettres, ni la prononciation ; elle a seule en entier ce que les autres langues n'ont qu'en parties, et elle réunit et conserve tout ce qui est nécessaire pour la perfection du discours, ou langage humain." (Extraits, pp. 1-2). Jacques Le Brigant (1720-1804), avocat dans sa ville natale de Pontrieux, a été l'auteur de plusieurs textes sur le sujet de la langue bretonne et de son antériorité sur les autres langues : Dissertation adressée aux académies savantes de l'Europe, sur une nation de Celtes nommés Brigantes ou Brigants, par un auteur de la même nation, Breghente, dans le Tyrol (Paris, Briasson, 1762) ; Petit Glossaire ou Manuel historique pour faciliter l'intelligence de quelques termes de la coutume de Bretagne, contenant leurs définitions exactes, leurs significations et étymologies (Brest, Malassis, 1774). Sacher, p. 115.
Paris, Barrois l'aîné, 1787. 1 vol. in-4, (26,5 x 20 cm) ; [3] ff., 111 pp. Reliure moderne à la Bradel couverte de papier brun, dos lisse orné de fleurons dorés, pièce de titre de cuir rouge. Les 4 premiers feuillets sont montés sur de fins onglets et ont leur angle inférieur coupé. On retrouve cet angle inférieur coupé aux cahiers M et N (pp. 89-104). Rousseurs et brunissures par endroits, essentiellement en début et en fin de volume. Fortes piqûres à la page 104. Les 5 derniers feuillets sont plus courts.
Rare édition originale de ce surprenant essai annonçant un ouvrage qui ne paraîtra jamais. L'auteur, celtomane et ancien avocat au Parlement de Bretagne, cherche à prouver par des comparaisons que les langues celtiques, et particulièrement le breton, seraient à l'origine de toutes les autres langues. Il n'hésite pas à comparer, pour déceler des analogies, le breton avec des langues anciennes et lointaines, comme le chinois, le sanskrit, le tahitien ou le caribéen. L'ouvrage se compose ainsi : Prospectus / Avertissement sur les Notes / N° I. Langues orientales / N° II. Observations sur les traductions / N° III. Différences entre les synonymes apparens / N° IV. Chinois / N° V. Hanscrit / N° VI. Galibi / N° VII. Langue de l'île Taïti / N° VIII. Dictionnaires celtiques. L'Avertissement explique : "L'ouvrage qu'on annonce contient 1°. La filiation historique & critique des Langues de l'ancien & du nouveau Monde, depuis l'origine du Celtique jusqu'à présent. Cette filiation, établie sur les monumens de l'Histoire & sur ceux de la Nature, sera fortifiée de preuves dans cette Langue, qui remonte à la plus haute antiquité, s'est conservée entière, & qu'elle est actuellement parlée & usuelle. 2°. La Grammaire & la Syntaxe de la Langue Celtique existante. 3°. Une Méthode pour décomposer des mots des autres Langues par leurs élémens primitifs, c'est-à-dire par les monosyllabes radicaux du Celtique. 4°. Un Vocabulaire & un Dictionnaire complet des radicaux monosyllabiques & des mots composés de cette Langue, sous chacun desquels on a rassemblé les altérations, les modifications, les extensions de leur sens propre ou figuré chez les différens Peuples."
À Paris, chez Cocheris, an V (1797) in-4, [6]-XXXIV--240 pp. et [2]-62-[2] pp., demi-veau blond, dos lisse, filets dorés (Boichot).
Première édition française.Figure brillante de la contre-révolution, Antoine Rivarol entreprend de publier un Nouveau dictionnaire de la langue française commandé par Fauche. Son talent n'ayant d'égal que son dilettantisme, il n'en publie que le Discours préliminaire, qui est un véritable manifeste philosophique sur le langage ayant pour sous-titre De l'homme, de ses facultés intellectuelles et de ses idées premières et fondamentales.De par sa composition (pagination et typographie), cette édition parisienne est en tout point identique à l'édition de Hambourg ce qui permet d'affirmer de façon quasi certaine qu'il s'agit de la remise en vente avec une nouvelle adresse de celle de Fauche.Quant au second texte, dont la fortune fut sans conteste, c'est un ouvrage "écrit tout entier à la gloire de la France et de la langue française" (Candaux). Dans la présente présentation, cette édition est également une remise en vente de celle de Fauche à Hambourg mais cette dernière succédait, comme le précise Jean-Daniel Candaux, à deux autres éditions de 1784 (et non une selon Tchemerzine).Bon exemplaire en reliure moderne.Monglond, IV, 139-140. Tchemerzine, V, 409 et 403. En français dans le texte, 177. - - VENTE PAR CORRESPONDANCE UNIQUEMENT - LIEN DE PAIEMENT, NOUS CONSULTER.
Bayonne, Pierre Fauvet jeune, 1792. 1 vol. petit in-8, (20 x 12,5 cm) ; 196 pp., [8] pp. de corrections et additions et [1] f. de table des matières. Reliure moderne en demi-chagrin rouge à coins, dos à nerfs et muet. Imprimé sur papier bleu pâle. Rogné en tête uniquement. Fine tache d'encre noire en tête des pages 39 à 58.
Aux pages 99 à 164 : "Glossaire Polyglotte, ou Tableau comparatif d'un grand nombre de mots Grecs, Latins, Français, Espagnols, Italiens, Allemands, Irlandais, Anglais, etc., etc., qui, pour la forme et le sens, ont encore conservé, de nos jours le plus grand rapport avec le Celto-Breton de l'Armorique ; et paraissent avoir appartenus primitivement à cette Langue."Aux pages 165 à 194 : "Précis Historique sur la ville de Keraës, en Français Carhaix, dans le Département du Finistère, et sur l'Étymologie de son nom."Édition originale rare, sans nom de l'auteur : "Par Mr. L.T.D.C., Capitaine au 80e Régiment d'Infanterie, de l'Académie Espagnole de l'Histoire & du Musée de Paris". Cette étude sera republiée, modifiée, en 1795-1796 (Paris, Quillau) et en 1801 (Hambourg, Fauche), avec le nom de l'auteur et sous le titre : Origines Gauloises, celles des plus anciens peuples de l'Europe, puisées dans leur vraie source, ou Recherches sur la Langue, l'Origine et les Antiquités des Celto-Bretons de l'Armorique, pour servir à l'Histoire ancienne et moderne de ce Peuple, et à celle des Français. "Cette édition est rare, parce que l'auteur en supprima les exemplaires, son œuvre lui paraissant trop fautive. Elle a été réimprimée depuis avec le nom de l'auteur, [...]. La première édition contient, de plus que les suivantes, un Précis historique sur la ville de Keraïs (en français Carhaix), dont elle attribue la fondation au général romain Aétius, vers l'an 436. Cette notice avait déjà paru dans le "Dictionnaire de la Bretagne", par Ogée, mais elle est corrigée et augmentée." (Quérard, II, 985-986).