Coquebert, Paris, n.d. [circa 1850]. Un volume grand in-8 demi chagrin vert, dos à nerfs, titre doré, caissons décorés, double filet en encadrement sur les plats, tranches dorées, frontispice chromolithographié, titre en rouge et noir, 1 carte, 7 planches héraldiques en chromolithographie, 31 illustrations hors-texte, 648 pages. Rousseurs, néanmoins bel exemplaire.
Reference : 196
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Brest : G.-M.-F. Michel, 1818. ARTISTES DE LA BRETAGNE, DONT QUELQUES FÉES ET FOUS LITTÉRAIRES
In-8° (214 x 136 mm), iv pp. - 503 pp., demi-veau brun à coins, dos lisse orné, couverture conservée sans le dos. Édition originale de ce recueil de 674 notices biographiques sur les écrivains et artistes de la Bretagne--parmi lesquels, curieusement, on trouve Merlin et la fée Morgan. Organisé chronologiquement, l'ouvrage contient également une table alphabétique et une table par lieu de naissance. Abondamment cité par Prosper Levot, auteur de la Biographie bretonne (1852), le recueil contient néanmoins quelques inexactitudes : une édition corrigée, prévue pour paraître sous le titre Encyclopédie bretonne, semble n'avoir jamais vu le jour. En 1713, Julien Miorcec, délégué aux États-généraux de Dinan, se voit remettre un volumineux ouvrage sur l'histoire de la Bretagne ; fasciné, il entreprend de constituer une collection d'écrits bretons qu'enrichiront plusieurs de ses descendants, dont l'avocat et historien Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet (1792-1874), auteur du présent recueil. Originaire de Lesneven, ce-dernier fait son droit à Rennes, où il établit un catalogue du fonds breton de la bibliothèque publique. Impliqué dans les débats sur les origines de la langue bretonne, il s'intéresse également à la légende arthurienne, et compte parmi les premiers à soutenir la thèse que Brocéliande, lieu de la sépulture de Merlin, n'est autre que la forêt de Paimpont. Ses articles sur le sujet paraissent dans le Lycée Armoricain, « première revue à inscrire la Bretagne dans le mouvement romantique » (Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons. pp. 294-295). Élu maire de Lesneven, Daniel-Louis Miorcec de Kerdanet démissionne de ses fonctions à l'avènement de la monarchie de Juillet. Outre ce recueil, il fait notamment paraître une réécriture annotée de la Vie des Saints d'Albert Legrand et une histoire de la langue bretonne. Il dirige également, en collaboration avec l'éditeur Édouard Anner, la réédition de plusieurs ouvrages de sa collection familiale. La collection Miorcec de Kerdarnet, comprenant quelque 1200 ouvrages en français, latin et breton, est offerte en 2005 au Centre de Recherche Bretonne et Celtique de l'Université de Bretagne occidentale. « HARDOUIN (Jean) [1646-1729], un des plus profonds et le plus singulier de tous les savants qui aient paru dans la littérature. L'immensité de son érudition le précipita dans les plus absurdes chimères. À force de savoir, il embrouilla tout, et la connaissance de l'antiquité devint pour lui le principe des doutes les plus bizarres. Il prétendait que tous les écrits qu'on nous donne pour anciens furent fabriqués, dans le XIIIe siècle, par des Moines qui se donnèrent le mot pour s'appeler les uns Homère, Platon, Aristote, Plutarque ; les autres Tertullien, Origène, Bazile, Augustin, etc. » (p. 225). PROVENANCE : « O : K Ginorgant », ex-libris manuscrit au feuillet de titre. Dos et tête du plat supérieur insolés.
CONTEL (Jean-Charles) [LECONTE, Jean-Charles Maurice)] ; DUPOUY (Auguste)
Reference : 1430
Saint-Brieuc : O. L. Aubert, 1928. LE GOTHIQUE BRETON EN 12 LITHOGRAPHIES SIGNÉES
In-f° (395 x 288 mm), [12] pl - [4] ff., en feuilles sous couverture titrée. Édition originale peu courante de ce recueil de 12 planches lithographiques, en noir et en couleurs, consacrées au gothique breton (Auray, St Malo, Vitré, Dinan, Lamballe, Morlaix, St Brieuc, Quimper, Rennes, Vannes, Châteaubriant, Quimperlé). Un des 100 exemplaires sur papier vélin Canson Montgolfier avec toutes les planches signées à la main, après 2 exemplaires sur vieux Japon, 6 sur Japon impérial et 12 sur Madagascar. Suivent 300 exemplaires sur rives réservés aux Bibliophiles Bretons et 150 exemplaires sur Rives. Malgré les indications données au justificatif de tirage, l'artiste, malade, n'a pu signer les planches ni effectuer les remarques sur certains des exemplaires. Sur celui-ci (le n°43), les signatures ont bien été effectuées sur toutes les planches. Né à Glos, Jean-Charles Maurice Leconte, dit Contel, s'initie à la lithographie auprès d'Émile Morière, imprimeur établi à Lisieux. Sa première exposition parisienne, organisée en 1918, reçoit un accueil favorable : il s'installe à la capitale, où il côtoie Matisse et Vlaminck. Contel fait paraître une série d'albums de planches consacrés aux vieux logis : la Normandie, Rouen, Paris... Vieilles Maisons de Bretagne en est le dernier. En effet, en 1927, alors que l'ouvrage est quasi-finalisé, Contel est interné à Sainte-Anne. Une lettre envoyée aux souscripteurs des Bibliophiles Bretons atteste de la situation : « Malheureusement, M. Jean-Charles Contel, gravement malade [...], se trouve dans l'impossibilité et de faire sur certains exemplaires les remarques convenues et de donner aucune signature. Les docteurs qui le soignent nous ont affirmé qu'il ne serait probablement jamais en état de pouvoir donner cette satisfaction aux admirateurs de son grand talent. Et il parait que les « VIEUX MURS DE BRETAGNE » constitueront sa dernière oeuvre. » La ville de Lisieux organise une grande exposition pour lui venir en aide mais Contel, frappé par une nouvelle attaque, meurt en septembre 1928 à l'âge de trente-trois ans. Introduction par Auguste Dupouy : « Chers vieux murs décrépits, mais résistants, qui ne sauriez compter sur la bonne retraite du « monument historique », les artistes et les poètes sont vos derniers conservateurs. Qu'ils ont raison de craindre pour vous la fureur de démolition ou de rajeunissement qui s'est emparée de ce siècle inquiet ! » 4 exemplaires au CCfr : BnF (Richelieu), Brest, Quimper, Saint-Malo. Monod I-3116 ; LEFÈVRE, Eric et LAILLIER, Jean-Yves. Basse Normandie, terre d'artistes. 1840-1940. 2002. p. 58. Quelques légères rousseurs. Bords des plats de couverture insolés.
Nantes, chez l'auteur, 1771. En 4 feuilles coupées en 9 sections montées sur toile et repliées, pouvant être jointes pour former une carte de 1,13 x 1,56 m ; étiquettes au dos de l'éditeur parisien Roch-Joseph Julien, renseignées du numéro de la feuille et des villes correspondantes en manuscrit ; sous étui de papier bleu de l'époque, dentelle dorée en encadrement sur les plats, titre doré "Bretagne" sur le premier plat.
Rare carte monumentale de la Bretagne, dressée par Jean-Baptiste Ogée, gravée par Jean-Luc Nyon en 1771, et publiée par l'auteur à Nantes en 1771. Le texte a été gravé par Charles-Nicolas-Dauphin de Beauvais et Jean-Claude Dezauche. La carte, dédiée aux seigneurs des États de Bretagne, est décorée d'un beau cartouche dont le dessin est attribué à Pierre Nicolas Arrivet. Le titre, posé sur une draperie, est décoré en tête d'un blason partageant les armoiries du royaume de France et de la Bretagne, soutenues par un personnage féminin et un lévrier, emblème de la ville de Vannes, portant un foulard autour du cou, sur lequel on peut lire À ma vie ce qui signifie « Jusqu’à ma mort », devise de l'ordre de l'Hermine (ordre de chevalerie fondé en 1381 par le duc de Bretagne Jean IV) avant de devenir celle de la cité de Vannes. La représentation du lévrier est un hommage aux chiens offerts à François Ier lors du traité de 1532. Au pied du titre se trouvent des attributs militaires. Les angles sont décorés de quatre fleurs de lys, et le centre des bordures de quatre hermines. Les mers sont décorées de neuf bateaux et de deux scènes de bataille navale, l'une au large de l'archipel des Minquiers, ici nommé Les Menquées, au sud de Jersey, l'autre un peu plus à l’ouest. La carte est orientée par une belle rose des vents placée dans l'Atlantique, dont le nord est indiqué par une fleur de lys. La légende des signes conventionnels permet de distinguer les grandes et petites villes des bourgs et des villages, les châteaux des maisons, les abbayes des chapelles, les moulins à eau et à vent, les limites des évêchés, les ordres religieux, le statut des seigneuries, duchés pairies, baronnies, marquisats, comtés ou vicomtés, ainsi que les diverses juridictions, présidiaux, régaires, cours royales, hautes, moyennes et basses justices. L'échelle est de 10 lieues de 2400 toises chaque. La Bretagne est divisée en ses neuf évêchés historiques : Dol, Nantes, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Quimper, Saint-Pol-de-Léon, Tréguier et Vannes. Tous sont nommés à l'exception de l'évêché de Vannes. Ce sont ces neuf évêchés qui représentent les neuf bandes du Gwenn Ha Du, drapeau de la Bretagne. La carte, riche en éléments topographiques, s'étend au nord jusqu'à la pointe d'Agon en Normandie, au sud jusqu'à l'île de Noirmoutier dans le Poitou, et à l'est jusqu'à Lassay ou Lassay-les-Châteaux dans le Maine, et Connord ou Gonnord en Anjou. Au pied du titre se trouve la signature à l'encre d'Ogée. Il semblerait que seuls les tous premiers exemplaires portent la signature de l'auteur. Commandée par les États de Bretagne en 1769, la carte d'Ogée est considérée comme étant la première carte générale de la péninsule armoricaine levée suivant des procédés scientifiques. Homme de terrain avant tout, Ogée en parcourut toutes les parties. Au cours de ses voyages, il ne se contenta pas de mesurer des angles et des côtés, de tracer des triangles sur le terrain et de les rapporter sur le papier. Il prit soin de recueillir des renseignements sur toutes les villes et les communes auprès des hommes instruits du pays, seigneurs ou curés le plus souvent. La première édition fut publiée en 1771. Vers 1837, les cuivres furent vendus par le fils d'Ogée à Jules Forest, libraire, moyennant la somme de 1.350 fr. Ce dernier en fit au moins un tirage avec corrections et addition des nouvelles divisions politiques. Né en 1728 à Chaoures dans le département de l'Ain, Jean-Baptiste Ogée, ingénieur-géographe de Bretagne, embrassa d'abord la carrière militaire. Puis en 1753, il intégra les Ponts et Chaussées de Bretagne. D'abord ingénieur ordinaire à Rennes, puis à Nantes, ses talents lui valurent rapidement le titre d'ingénieur-géographe de la province. Il mourut à Nantes en 1789. On a de lui une Carte géométrique du comté Nantois dédiée au duc d'Aiguillon, publiée en 1768, un Atlas itinéraire de Bretagne, publié en 1769, et un Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, publié entre1778 et 1780. En 1771, il a également réalisé une version réduite en une feuille de sa carte en 4 feuilles sous le titre de Carte géométrique de Bretagne, dédiée au duc de Duras. En 1788, peu avant la création des départements, un exemplaire de cette version réduite fut utilisé comme support par les députés bretons pour le découpage de la Bretagne en ses cinq futurs départements : Finistère, Côtes-du-Nord, Morbihan, Ille-et-Vilaine et Loire-Inférieure. Bel exemplaire sous étui de l'époque. Marge droite de la seconde feuille coupée à la bordure, défauts d'usage à l'étui. Gaudillat, Cartes anciennes de la Bretagne 1582-1800, 1999, 60 ; Annonces, affiches, et avis divers, Feuille périodique du lundi 4 novembre 1771, 1771, p. 878 ; École d'Architecture de Nantes, Gilles Bienvenu, Jean-Baptiste Ogée, ingénieur, géographe et historiographe de Bretagne au XVIIIe siècle, 1998, pp. 477-480.