Robert Laffont. 1953. In-8. Broché. Etat d'usage, Couv. légèrement pliée, Dos frotté, Papier jauni. 304 pages.. . . . Classification Dewey : 820-Littératures anglaise et anglo-saxonne
Reference : RO20212333
Traduit de l'anglais par Jacqueline de Sédouy Classification Dewey : 820-Littératures anglaise et anglo-saxonne
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Paris, pour Abel l'Angelier, 1580 3 parties en un volume in-8 de (8) ff., 352 (mal chiffrées 235), 304, 256 pp., vélin ivoire à rabats, filet doré en encadrement sur les plats, large fleuron ovale doré orné de feuilles d'olivier au centre, dos lisse orné de roulettes et de fleurons dorés, tranches dorées (reliure de l'époque).
Belle édition française, imprimée sur deux colonnes et donnée par Abel l'Angelier, contemporaine des Essais de Montaigne. Parues pour la première fois en 1539, les Epistolas familiares d'Antonio de Guevara connurent un immense succès européen attesté par de nombreuses rééditions et traductions - la première française en 1556 par Guttery, sous le titre d'Epîtres dorées, reprise ici. Prédicateur franciscain, Guevara (1481-1545) fut conseiller et historiographe de Charles Quint, avant d'être nommé évêque de Cadix puis de Mondonedo. À travers ses Épîtres, dont plusieurs fictives, adressées à des personnages contemporains (duc d'Albe, grand connétable de Castille, etc.) ou des figures de l'Antiquité (Trajan, Zénobie, etc.), Guevara développe, dans son style oratoire, des principes de morale utiles aux princes, aux courtisans et aux honnêtes hommes. C'est à ce titre que les Epistres dorées, sorte de correspondance universelle, furent lues avec un œil critique par Montaigne. La troisième partie de l'ouvrage évoque en partie la guerre des Communautés de Castille (1520-1521), soulèvement contre l'autorité de Charles Ier d'Espagne (i. e. Charles Quint), épisode au cours duquel Guevara se rangea du côté des forces royales et s'efforça, par la prédication, d'amener les révoltés à résipiscence. Bel exemplaire en vélin doré de l'époque. Deux petits accrocs au dos.
Bruxelles, Imprimerie de E. Guyot, Succ. de G. Stapleaux, 1860 In-8 de 1 f. bl., (2)ff., IIpp., 6-174 pp, (1) f., 40ff. bl., demi-maroquin havane à coins, dos à cinq nerfs, tête dorée, non rogné, première couverture imprimée jaune conservée (reliure de l'époque).
"Très rare édition originale, exemplaire unique annoté par l'auteur. La couverture porte la mention: ""Par décision de l'autorité supérieure, l'introduction en France de cet ouvrage est expressément prohibée"". Il n'a pas été fait de grands papiers. ""Ex-libris"" autographe signé (au crayon) de l'auteur sur la page de garde: Exemplaire à conserver précieusement, et venant à l'appui de mon testament littéraire. / N'est pas à vendre. / Fortuné Roustan. Second autographe au titre: Imprimé réellement dans l'été de 1859. / Seul exemplaire qui me reste et qui me tient lieu de manuscrit original. / F. Roustan. Dans la bibliographie des Fous littéraires d'André Blavier, Fortuné Roustan occupe un peu plus d'une douzaine de pages (628 à 641) dans la catégorie ""Persécutés, persécuteurs et faiseurs d'histoire(s)"". Il est également cité aux pages 1043 et 1076, entre autres pour avoir décrit la condition asilaire, référence à son internement: une péripétie presque inévitable dans un parcours fait de conflits innombrables l'ayant opposé aux administrations comme à divers individus et corporations, matière de publications enflammées tout aussi nombreuses qui le firent souvent condamner. Au tournant des années 1860, sa nouvelle croisade l'oppose aux douanes, dont il conteste l'action sur de nombreux plans, y compris celui de l'argumentation théologique. Il défend ainsi qu'un contrebandier peut tout à fait gagner son salut… Ce plaidoyer radical en faveur du libre-échange ne fait-il pas de lui, d'ailleurs, un visionnaire en avance sur son temps? Très bel exemplaire. La reliure, certes sobre, a visiblement été voulue par l'auteur à son image, celle d'un tempérament inépuisable, l'exemplaire s'achevant par un nombre étonnant de cahiers blancs que vient clore cette simple conjonction entourée au crayon: ""et"". Blavier, Les Fous littéraires, 631."
Paris, Imprimerie d'Adolphe Blondeau, 1857 In-4 de (3)ff., 250, Xpp., demi-maroquin havane à coins, dos à cinq nerfs, entièrement non rogné, première couverture imprimée verte conservée (reliure de l'époque).
Très rare deuxième édition -c'est celle qui fut saisie- en partie originale, exemplaire de l'auteur avec annotations autographes (à l'encre noire). L'originale, de la même année, était beaucoup plus courte, ne comportant que 206pages. Les annotations autographes débutent dès le premier feuillet liminaire, avant la couverture: Exemplaire à conserver précieusement et venant à l'appui de mon testament littéraire. - N'est pas à vendre. / Versailles, le jeudi, Dix-huit juillet mil huit cent quatre-vingt-neuf (18 juillet 1889) / Fortuné Roustan. (Suit une seconde note où l'auteur évoque la fin malheureuse de son affaire et l'amnistie générale dont il bénéficia en 1859.) Les autographes du faux-titre font le détail des passages attaqués en justice et comprennent cette note témoignant de la destruction des exemplaires du stock: (…) Ouvrage saisi le 2 octobre 1857, à trois heures de l'après-midi. / Cet exemplaire m'a été laissé pour ma défense. / certifié véritable: / A Montmartre, le 2 octobre 1857. / Fortuné Roustan. (Au verso nouvelles énumérations avec renvois de page.) La note autographe du titre, revêtue du paraphe de Roustan, restitue l'épigraphe de la première édition: La force fit les premiers esclaves, / leur lâcheté les a perpétués! / (J.J. Rousseau: Contrat social). Reliée avec l'exemplaire, une assignation à comparaître qui fut adressée à l'auteur. Datée du 5 novembre 1857, sa présence ne fait au fond que perpétuer la logique à l'œuvre dans l'ouvrage lui-même, où les réactions des personnes et institutions incriminées par la première version du texte lui sont ajoutées, puis à celles-ci les réponse que leur fit l'auteur, et ainsi de suite. Receveur de l'Enregistrement des Domaines, l'éternel persécuté, l'infatigable dénonciateur d'à peu près tout que fut Roustan trouva dans cet emploi l'occasion d'une flamboyante course au désastre. Non seulement il y étale ses griefs et la supériorité de ses points de vue sur cette administration jugée par lui déficiente, mais encore il y tutoie presque l'Empereur et y cite sans fard les personnes impliquées, à commencer par son chef M. Garnier - auteur du Répertoire général - qu'il porte au pinacle, mais d'une façon délirante qui conduit celui-ci à l'attaquer. En bref, et sans exagérer, l'ouvrage semble avoir été composé à seule fin d'être saisi. Très bel exemplaire. Blavier, Les Fous littéraires, 630.
Nantes, Odé fils, et Paris, Arnaud, Le Normand, [1802] In-8 de (3) ff., 253 pp., 1 fb., 187 pp., demi-veau, dos à nerfs plats orné de fleurons à froid et filets et palettes dorés, tranches marbrées (reliure de l'époque).
"Édition originale Dans une première partie, l'auteur, disciple de Rousseau, attaque fréquemment le luxe, et notamment voudrait que les ouvriers qui travaillent dans ce domaine se consacrassent à l'agriculture ; il demande pour les ouvriers le minimum vital et une sorte d'assurance médicale et vieillesse (I.N.E.D.). La seconde partie de l'ouvrage décrit, à la manière d'une utopie, l'avènement d'un roi philosophe, juste réformateur, dans un pays qui évoque la France. Bel exemplaire. De la bibliothèque G. Lenfant. I.N.E.D., 4658."
Exemplaire Genevoix avec envoi Paris, Gallimard, (15 février) 1974. 1 vol. (140 x 205 mm) de 278 p., [2], 47 planches en noir, [3] et 1 f. Broché. Édition originale. Un des exemplaires poinçonnés du service de presse. Envoi signé : « Pour Maurice Genevoix, avec l'amical souvenir, pour Madame Maurice Genevoix, avec les respectueux hommages d'André Malraux, et pour la charmante petite voisine du dîner de Ludmilla Tcherina ».
C'est en 1973, invité par la veuve du peintre, Jacqueline Picasso, que Malraux se rend à Mougins puis à Vauvenargues choisir des toiles pour une donation à l'État de tableaux. Cette pérégrination dans l'atelier du défunt peintre, mais aussi dans les couloirs de la toute nouvelle fondation Maeght donnera lieu aux réflexions consignées dans La Tête d'obsidienne, lesquelles prendront part, réduites, dans l'agencement tardif du Miroir des limbes. « Tout homme qui écrit et qui écrit bien sert la France », a un jour confié le général de Gaulle à André Malraux. Maurice Genevoix aura donc doublement servi son pays ; par le corps et par l'esprit. Grièvement blessé dans des combats à Rupt-en-Woëvre près de la colline des Éparges, en 1915, il y perd l'usage de son bras gauche et est réformé à 70% d'invalidité. Son tout premier récit de guerre, Sous Verdun, publié en 1916, sera partiellement censuré. En 1949, alors élu académicien depuis trois ans, il publie Ceux de 14, qui a fait sa gloire de conteur tragique que n'a sans doute pas renié André Malraux, - l'inoubliable orateur du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964, que Maurice Genevoix rejoindra 56 ans plus tard, le 11 novembre 2020. La dédicace de Malraux évoque un dîner chez Ludmilla Tcherina : danseuse, comédienne, peintre et sculpteur, future marraine de l'exposition "félines" dédiée à André Malraux en 1981, elle partageait avec ce dernier une passion pour les chats. La "charmante voisine" est probablement la fille du couple Genevoix, Sylvie, qui vient de terminer à Paris ses études de Lettres classiques et qui deviendra par la suite une grande figure de l'édition contemporaine. Pour l'anecdote, Ludmilla Tcherina est indirectement bien connue des bibliophiles : elle est la fille de Stéphane et d'Avenir Tchemerzine, les auteurs de la célèbre bibliographie des éditions originales de la poésie française du Moyen Âge au XIXe siècle. Elle hérita de ses parents d'une collection importante de livres précieux. De la bibliothèque de Maurice Genevoix (envoi et ex-libris).