JC Lattès. 1994. In-8. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 419 pages.. . . . Classification Dewey : 810-Littérature américaine
Reference : R160000575
ISBN : 2709613832
Traduit de l'américain par Paul Seran. Classification Dewey : 810-Littérature américaine
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Tirage pour les XX, signé : le titre inaugural Paris, Bibliothèque Charpentier, Eugène Fasquelle, 1897, 1900 et 1902. 3 vol. (140 x 185 mm) de 491, 552 et 301 p. Demi-maroquin à coins bleu nuit, dos à nerfs, titres dorés, têtes dorées, doubles couvertures et dos conservés, étuis bordés (reliure signée de J.-P. Miguet). Edition originale. Un des 20 exemplaires numérotés sur vélin d'Arches réservés pour les XX, pour chacun des trois volumes. Ils ne sont pas annoncés à la justification de l'éditeur et viennent avant les 25 exemplaires sur Hollande (après 10 exemplaires sur Japon). Le premier volume est signé par Maurice Barrès à la justification, selon le principe des parutions de la «Société des XX».
Le Roman de l'énergie nationale constitue sans doute l'entreprise romanesque et idéologique la plus ambitieuse de Maurice Barrès du « princeps juventutis », le prince de la jeunesse ainsi qu'on surnommait Barrès alors. C'est Paul Bourget qui le premier, en 1888, dans un article au Journal des Débats, attire l'attention sur l'auteur, encore inconnu, de Sous l'oeil des Barbares. À la suite, il entreprend de composer une vaste fresque avec Les Déracinés, L'Appel au soldat et Leurs Figures : un « roman de l'énergie nationale» dans lequel il entend saisir la crise morale et politique de la France de la fin du XIXe siècle où tout se cristallise autour de la célèbre formule : « la terre et les morts ». Les tomes sont respectivement dédiés à Paul Bourget, Jules Lemaitre et Édouard Drumont. Publié en 1897, Les Déracinés demeure le volume le plus célèbre de la trilogie. Barrès y suit sept jeunes Lorrains quittant Nancy pour Paris, séduits par les promesses intellectuelles et sociales de la capitale. Mais l'arrachement au terroir natal devient peu à peu perte d'identité, dissolution morale et affaiblissement collectif : après toutes sortes de déboires et de désillusions, deux d'entre eux, Racadot et Mouchefrin, iront jusqu'au crime. Si l'un évite la guillotine grâce à la complicité d'un ami, «Racadot déraciné» sera décapité. Derrière les trajectoires individuelles des personnages se dessine une critique plus vaste : celle d'une France centralisée, « dissociée et décérébrée », dans laquelle Barrès construit son roman sur l'idée qu'un individu séparé de son milieu d'origine - sa province, ses traditions, ses morts, ses paysages, sa langue sociale - devient vulnérable et disponible à toutes les dissolutions morales ou idéologiques : une inquiétude qui trouve aujourd'hui des échos dans les débats contemporains et qui explique la permanence des Déracinés dans les débats intellectuels. Le credo barrésien s'accomplit à travers l'héritage des ancêtres, l'appartenance à une terre, une mémoire collective et une continuité historique : c'est la naissance d'un « Moi-Nation », qui irrigue toute la pensée de Barrès et qu'il prolonge dans les deux volumes qui suivront, remaniés sous l'effet des bouleversements politiques contemporains. L'Appel au soldat transpose la geste boulangiste dans une forme mêlant chronique et témoignage, tandis que Leurs Figures plonge dans les coulisses parlementaires du scandale de Panama avec une sécheresse quasi documentaire. À travers cette trilogie, Barrès cherche moins à construire un roman traditionnel qu'à établir une véritable anatomie spirituelle de la nation française. L'importance des Déracinés dans la vie intellectuelle française fut immédiate. Le roman suscita des débats passionnés, tant sur le plan politique que littéraire. André Gide, dans un article publié dans L'Ermitage en février 1898, répondit avec ironie au culte barrésien de l'enracinement : « Né à Paris, d'un père uzétien et d'une mère normande, où voulez-vous, Monsieur Barrès, que je m'enracine ? J'ai donc pris le parti de voyager. » Gide admirait pourtant la puissance typologique du roman, tout en reprochant à Barrès de sacrifier la singularité psychologique de ses personnages à la démonstration idéologique. Cette opposition résume à elle seule une part essentielle des tensions intellectuelles françaises du tournant du siècle. En 1978, le fonds Maurice Barrès est donné par Madame Paul Bazin à la Bibliothèque nationale de France. Il comprend la bibliothèque de Maurice Barrès et celle de son fils Philippe (1896-1975), qui mit sa plume au service de Charles de Gaulle et de la France libre. Barrès, qui meurt en 1923, fut l'inspirateur de plusieurs générations d'écrivains : l'hommage que lui rendit alors le jeune Léon Blum dans La Revue blanche est resté célèbre : « Je sais bien que Monsieur Zola est un grand écrivain ; j'aime son oeuvre qui est puissante et belle. Mais on peut le supprimer de son temps par un effort de pensée ; et son temps sera le même. Si Monsieur Barrès n'eût pas vécu, s'il n'eût pas écrit, son temps serait autre et nous serions autres. Je ne vois pas en France d'homme vivant qui ait exercé, par la littérature, une action égale ou comparable. » Plus tard, André Malraux célèbrera l'écrivain tout en rejetant l'homme politique : « Il était caporal en politique alors que dans le domaine de la littérature, il était général. » Rare édition dans le tirage réservé pour «Les XX» : il s'agit du titre qui vient inaugurer la collection de cette société de bibliophiles créée cette année-là par Pierre Dauze. Deux autres titres parurent en 1897 : La Canne de jaspe d'Henri de Régnier, et un illustré, Des chats, par Steinlein. La Société des XX perdurera jusqu'en 1938, publiant 159 titres dans un tirage limité aux 20 membres. Très bel exemplaire, magnifiquement établi par Miguet.
Sept textes sont réunis sous ce titre, acerbe et ironique à l'égard du modernisme. Aussi, Kundera s'y décrit-il en écrivain "postmoderne, sorte de moderniste antimoderne", dont la définition plut sûrement à Maurice Nadeau. Bandeau éditeur conservé. Paris, Gallimard, (5 novembre) 1986. 1 vol. (140 x 205 mm) de 199 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : « Paris 86, À mon très cher Maurice [Nadeau] avec l'amitié fidèle de Milan ».
Sept textes sont réunis sous ce titre, acerbe et ironique à l'égard du modernisme. Aussi, Kundera s'y décrit-il en écrivain "postmoderne, sorte de moderniste antimoderne". Evoquant l'histoire du roman au travers de quelques unes de ce figures de proue - de Rabelais à Musil, de Cervantès à Flaubert - il y affirme son opposition au Nouveau Roman, par trop soucieux de la forme selon lui. Se défendant de vouloir apparaître en théoricien, et n'ayant nulle autre intention que de livrer "la confession d'un praticien", il considère que le Roman se doit d'être garant de cette capacité qu'il offre, que de découvrir les aspects inconnus de la nature humaine tout autant que les pouvoirs démesurés de son exploration. Roman que Sarraute juge archaïque, bientôt mort. Ce à quoi Kundera objecte affirmant - et démontrant au travers de ce roman - que le "courant de pensée moderne sera celui qui fera redécouvir l'individu, proposant une interrogation esthétiquement valable sur l'existence humaine". Bande à parution conservée.
L'Art du roman avec envoi : exemplaire Sylvie Genevoix. Paris, Gallimard, (5 novembre) 1986. 1 vol. (140 x 205 mm) de 199 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : « Paris 86. À Sylvie Genevoix Milan avec toute la sympathie de Milan Kundera».
Sept textes sont réunis sous ce titre, acerbe et ironique à l'égard du modernisme. Aussi, Kundera s'y décrit-il en écrivain « postmoderne, sorte de moderniste antimoderne». Evoquant l'histoire du roman au travers de quelques unes de ce figures de proue - de Rabelais à Musil, de Cervantès à Flaubert - il y affirme son opposition au Nouveau Roman, par trop soucieux de la forme selon lui, considérant que le roman se doit d'être garant de cette capacité qu'il offre de découvrir les aspects inconnus de la nature humaine tout autant que les pouvoirs démesurés de son exploration. Bel exemplaire de belle provenance éditoriale : Sylvie Genevoix, journaliste au Figaro et à L'Express, fut directrice littéraire aux éditions Albin Michel où elle était entrée en 1992. Elle était aussi la fille de l'auteur de Raboliot et de Ceux de 14, le romancier et académicien Maurice Genevoix.
Exemplaire de tête, hors commerce : l'un des trois réservés à l'auteur et aux artistes. Paris, Editions Vialetay, (24 mars) 1958, pour le texte, (9 février) 1959, pour les gravures. Édition originale illustrée des bois de Paul Jouve, gravés par Jacques Beltrand d’après les dessins de l'artiste. Un des 25 exemplaires réservés aux collaborateurs, celui-ci marqué «exemplaire d'artiste» sur papier du Moulin Richard de Bas, signé par Genevoix, Jouve et Beltrand et enrichi de deux suites.
De ces exemplaires réservés aux collaborateurs, nous connaissons celui de Paul Jouve, relié par Georges Cretté, pour le collectionneur Francis Kettaneh, qui l'a acquis auprès de l'artiste en 1962. Ce précieux exemplaire, enrichi des dessins originaux, est passé en vente en 2009 chez Christie's (27 novembre 2009, n° 141) et n'est plus réapparu depuis. Notre exemplaire est donc probablement destiné à Jacques Beltrand, conservé par Maurice Genevoix, qui l'a détenu depuis lors dans sa bibliothèque de la maison des Vernelles, dans le Loiret. Il est enrichi de la suite en noir, de la suite en couleurs et de la suite de décomposition des planches doubles ; il est signé par Genevoix, Jouve et Beltrand. L'édition du Roman de Renard illustrée par Paul Jouve et adaptée par Maurice Genevoix constitue une oeuvre à la croisée de la tradition littéraire médiévale, de l'art animalier moderne et du grand livre illustré bibliophilique français du XXe siècle. Genevoix, écrivain de la nature et des êtres vivants, a toujours porté un regard empathique et poétique sur le monde animal, comme en témoignent Raboliot, La Dernière harde ou L'Hirondelle qui fit le printemps. Le choix de revisiter Le Roman de Renart - chef-d'oeuvre de la satire médiévale - s'inscrit dans cette continuité : Renart, rusé, libre et irrévérencieux, incarne une figure de résistance à l'ordre imposé, que Genevoix admire. Le texte est adapté en français moderne, comme un prélude à La Forêt perdue qui sera publiée dix ans plus tard et qui aura également pour scène le Moyen Âge : ce roman initiatique constitue un ouvrage-clé de son oeuvre, où la mort apparaît comme un thème de plus en plus présent. Il s'en est expliqué peu de temps avant sa mort, évoquant l'expérience de la mort durant la Première Guerre mondiale : « J'ai eu l'instinct de la chasse, très fort, très vif [...], mais je sais depuis [...] que l'ombre de la mort dans l'oeil d'une perdrix tuée, c'est exactement la même chose ». Le choix de Paul Jouve comme illustrateur n'est pas un hasard mais une évidence esthétique et morale : le peintre est alors le plus grand artiste animalier de son temps, connu pour ses représentations vibrantes de fauves, singes, chevaux. Il livre ici une riche illustration de 53 compositions en couleurs gravées sur bois par Jacques, Camille et Georges Beltrand, et de 33 grandes initiales gravées sur bois, fruit d'un travail de plus de dix ans, entrepris dès 1941 et alors qu'il n'a aucun éditeur pour le suivre dans ce monumental projet. Ce sont le bibliophile Jules Exbrayat et l'éditeur Jacques Vialetay qui seront à l'origine de cette édition et de sa commercialisation, et qui feront appel à Maurice Genevoix pour l'établissement du texte. Jules Exbrayat, président de la Société des Bibliophiles franco-suisses, n'aura malheureusement pas le bonheur de voir l'édition réalisée : il décède en 1958, quelques semaines avant l'impression du livre, qui lui sera dédié. Ce sera l'un des derniers ouvrages de Paul Jouve et l'un de ses chefs-d'oeuvre. De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles » (ex-libris).
Paris, Charpentier & Fasquelle, 1911, in-8, 330 pp, Demi-chagrin à coins aubergine, dos à nerfs, tête rougie, couverture conservée, Édition originale de ce célèbre roman. Cet exemplaire est enrichi d'un envoi autographe signé de l'auteur à Frantz Jourdain, un architecte, écrivain et critique naturalisé français. Premier roman de la trilogie des Âges farouches, La Guerre du feu parait en partie en feuilleton dans la revue de vulgarisation scientifique Je sais tout entre le 15 juillet et 15 octobre 1909. Dès sa parution, c'est un succès. C'est le roman de Rosny l'ainé le plus traduit et adapté au cinéma comme en bande dessinée, la plus connue d'entre elles étant naturellement le film éponyme de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1981. Malgré certains anachronismes depuis démontrés, il a suscité bon nombre de vocations de spécialistes de la Préhistoire. Dos insolé, quelques petites épidermures. Couverture rigide
Bon 330 pp.