A Amsterdam, chez E. Van Harrevelt, 1762 4 parties en 1 volume in-12 (17,5 x 10,5 cm) de XII-228, VI-284 pages. Reliure hollandaise de l'époque plein parchemin rigide, titre doré au dos, tranches mouchetées. Quelques légères et discrètes retouches à la reliure, intérieur frais. Rousseurs sur les gardes blanches. Rares rousseurs dans le texte. Nouvelle édition. Cet ouvrage a paru pour la première fois au format in-8 l'année précédente (1761 chez le même libraire). Publié anonymement, il a été rapidement attribué à Diderot, Helvétius et même Voltaire. L'auteur, un certain Robinet (âgé de seulement 27 ans), s'est fait connaître comme l'auteur de cet ouvrage dans le Journal des Savants en 1762. La Première Partie traite de l'équilibre nécessaire de biens et de maux dans la nature (elle occupe tout le premier tome et la moitié du volume). La Seconde Partie traite de la génération uniforme des êtres (pp. 1 à 146 du second tome). La Troisième Partie traite de l'instinct moral (pp. 147 à 190 du second tome). Enfin la Quatrième et dernière Partie traite de la physique des esprits (pp. 191 à 284 du second tome). Une seconde édition plus étendue a paru en 1763, mais dépouillée du prestige de l'anonymat, elle intéressa moins le public. L'édition définitive complète de De la Nature sera publiée en 1766 (d'autres éditions suivront). De la Nature a pourtant été mis à l'index le 9 septembre 1762 (année de notre édition) pour ses prises de positions matérialistes sur l'Âme et Dieu. Robinet formule dans cet ouvrage l’idée que les organismes vivants se transforment de manière à former une chaîne ininterrompue, idée qu’il développe dans ses Considérations philosophiques de la gradation des formes de l’être, ou les essais de la nature qui apprend à faire l’homme et dans son Parallèle de la condition et des facultés de l’homme avec la condition et les facultés des autres animaux, parus en 1768 et 1769. On assimile ainsi Robinet à l'un des précurseurs des théories transformistes telle qu'elles seront synthétisées plus tard par Charles Darwin. Il fut le continuateur de la grande Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (il publia les Suppléments). "Jean-Baptiste Robinet, philosophe en partie éconduit par la postérité, publie à Amsterdam à partir de 1761, sous couvert de l'anonymat pour le premier tome, son ouvrage principal De la Nature, "livre capital" selon Hegel, représentatif de l'épistémè de l'âge classique selon Foucault. Cette oeuvre qui est un morceau étonnant de philosophie hylozoïste, adossé aux découvertes récentes des naturalistes, est également une entrée privilégiée dans les Lumières européennes : positionné entre Voltaire sur la question du mal et Diderot dont il commente les Pensées sur l'interprétation de la nature, le philosophe rennais tente en outre d'arbitrer le débat sur "l'ordre des choses" entre nominalisme et essentialisme. Il entre également dans le cercle des rédacteurs des Suppléments de l'Encyclopédie. À ces titres divers il s'inscrit, à la fois comme éditeur et philosophe, dans une nouvelle manière de faire de la philosophie comme pratique raisonnée des dictionnaires et comptes rendus des sociétés savantes. Soucieux de ne laisser aucune question dans l'ombre, y compris quand elle est mêlée de religion, il assume une critique radicale de l'anthropomorphisme, appuyée sur le commentaire de Bayle, ce qui contribue à le situer durablement, entre athéisme et matérialisme, du côté des pensées inclassables." (Jean-Baptiste Robinet, De la nature, édition critique par Françoise Badelon, Paris : Honoré Champion, coll. "L'âge des Lumières" n° 49, 2009, 2 vol. 632, 496 p. Présentation de l'éditeur). Bel exemplaire.
Reference : AMO-3176
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(Paris, Chez les auteurs), (1775), in-folio, 15 planches rehaussées, En feuilles, sous chemise et étui modernes, Quinze magnifiques planches provenant de l'ouvrage d'une extrême rareté Les écarts de la nature du couple Regnault, publié en livraisons à partir du début de l'année 1775 : chaque livraison trimestrielle comportait 10 planches ; les Écarts auraient dû compter des centaines de sujets de tératologie, mais il ne fut imprimé que quatre livraisons, soit quarante-deux planches en tout. L'ouvrage, devenu rare seulement quelques années après sa parution, fut réédité par Moreau de la Sarthe en 1808 (Description des principales monstruosités dans l'homme et dans les animaux. Paris, Fournier, 1808). Notre ensemble se constitue de 5 planches montrant des corps humains, intitulées: "Homme monstrueux - Enfant semy-acéphale ou sans cerveau - Double enfant à trois bras et quatre mains - Le petit pépin - Double enfant" et de 10 planches montrant des animaux: "Sanglier monstrueux - Chien monstrueux - Mouton à deux corps - Veau à deux croupes - Chat monstrueux - Mouton à quatre cornes - Porc double - Boeuf à cinq yeux et trois narines - Cochon cyclope de la Martinique - Poulet à quatre pates et quatre ailes." Chacune met en scène des monstres, non viables, arborant des attitudes précieuses et éloquentes, au milieu de décors champêtres et bucoliques. En pied de l'illustration, dans le travail de la gravure, des notices courtes apportent des informations sur la nature de la pathologie, l'histoire du spécimen et sa provenance. Il s'agit des seuls textes qui ont été rédigés pour accompagner les planches : les représentations des Écarts de la nature ont été conçues avec une visée artistique qui leur permet de valoir pour elles-mêmes. Les qualités du dessin et des rehauts de couleurs supplantent en effet tout discours étiologique, médical ou philosophique, ainsi que le remarquait, en 1775, le Mercure de France : "les vues de l'artiste ne tendent qu'à rendre les effets". Véritable tour de force éditorial, les Écarts de la nature se classent parmi les publications fastueuses produites au cours du XVIIIe siècle, mettant à profit les innovations de l'imprimerie et les nouvelles techniques de gravure : dans ce marché de luxe, qui répondait au goût du temps pour les riches publications de science illustrée, le couple Regnault était déjà connu pour son importante Botanique mise à la portée de tout le monde, parue en livraisons entre 1770 et 1774. Planches restaurées, quelques consolidations. Auréoles marginales sur plusieurs planches, feuilles uniformément jaunies. Mercure de France, février 1775, p. 183-188 ; Laidlaw, "Diderot's Teratology" dans Diderot Studies IV, 1963, p. 105-129 ; Curran et Graille, "Exhibiting the Monster" dans Eighteeth-Century Life, vol. 21, numéro 2, 1997, p. 16-22. Couverture rigide
Bon 15 planches rehaussées
Edimbourg et Londres, A. Fullarton, s.d. (c. 1850), in-8, 6 part. en 2 vol. : portrait, titre-front, LVI,536 pp, 32 pl.; titre-front, 541 pp, 40 pl, Demi-veau prune à coins, tranches peigne, Réédition de ce classique paru pour la première fois en 1774. Elle contient une introduction de Georges Cuvier ("An introductory view of the animal kingdom...", traduite et annotée par le naturaliste écossais William MacGillivray) et une vie de l'auteur par Washington Irving ("Bibliographical Sketch"). L'ouvrage est illustré de 72 planches coloriées à l'aquarelle et gommées, numérotées I à LXXII et reliées dans le désordre. La première partie comporte une histoire de la formation de la terre et traite des fossiles, des grottes, ainsi que des phénomènes météorologiques et volcaniques. Les parties suivantes sont consacrées aux quadrupèdes, aux oiseaux, aux poissons et coquillages, aux reptiles et grenouilles et enfin aux insectes. Oliver Goldsmith (1728-1774), poète et romancier anglo-irlandais, est surtout connu pour son roman Le Vicaire de Wakefield (1766). Il s'est amplement inspiré des travaux de Buffon pour son History of The Earth and Animated Nature. L'ouvrage a connu un succès considérable, comme l'attestent plus de 20 éditions publiées jusqu'à l'ère victorienne : les lecteurs anglais le considéraient comme une source d'information privilégiée sur la nature. Bon état intérieur. Dos détachés et usés. En l'état. Couverture rigide
Bon 6 part. en 2 vol. : portrait,
Amsterdam, Daniel Elsevier [suivi de :] Vve Daniel Elsevier, 1680-1681. 2 ouvrages en 1 vol. in-12, [6]-268-68 pp., veau moucheté brun, dos à nerfs orné de caissons dorés, pièces de titre rouge, tranches mouchetées (petites épidermures, 1 mors fendu, rares rousseurs éparses).
Édition originale de ce traité de théologie exposant la doctrine de Malebranche du système de fonctionnement de la nature. Sa publication provoque de nombreux remous notamment une querelle théologique avec Antoine Arnauld qui termine par la mise à l'Index de l'ouvrage en 1690. Il est complet de son supplément, également en édition originale. Brunet, III, 245. Ex-libris héraldique gravé par J. Neuchwander (aux armes de la famille Vaulchier du Deschaux), ex-libris gaufré Germain Malbreil, tampon ex-libris non identifié au titre. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
MANUSCRIT ANONYME (d'après Jean-Baptiste de MIRABAUD) | MATÉRIALISME
Reference : 96861
, milieu du XVIIIe s, in-4, 3 part. en 1 vol. : [1] ff de titre, 195-[2]-323-[2]-263 pp, Basane havane de l'époque, dos lisse et fleuronné, pièce de titre rouge, tranches rouges, Copie manuscrite de textes philosophiques de Jean-Baptiste de Mirabaud (1675-1760). 1? Le premier - Opinion des anciens sur la nature de l'âme - est issu de "L'âme et de son immortalité", essai paru en 1751 au sein d'un recueil matérialiste publié par un prêtre, Jean-Baptiste Le Mascrier, et un avocat, César Chesneau Du Marsais : Le Monde, son origine, et son antiquité (Paris, Briasson, 1751). L'ouvrage, argumentant notamment, par la plume de Mirabaud, que les métaphysiciens n'avaient pas pris en compte les opinions des Anciens sur le monde et sur l'âme, avait été condamné au feu par arrêt du Parlement. 2? Le second - Opinion des anciens sur les Juifs - a été copié sur un ouvrage publié à Londres en 1769, condamné de même. 3? Le troisième - De Jésus Christ - est extrait de l'Examen critique du Nouveau Testament (Londres, 1777), texte prétendument posthume de l'historien Nicolas Fréret, sous le nom duquel il faudrait également reconnaître Mirabaud (voir notice FRBNF30951657 du catalogue de la BNF), quoique certains y voient le baron d'Holbach. La paternité de Mirabaud a souvent été discutée, ses textes philosophiques ayant été tantôt attribués à Fréret, tantôt à d'Holbach : de ce dernier, Mirabaud a en effet été le prête-nom lors de la publication, ultérieure, du Système de la Nature (Amsterdam, Rey, 1770). La postérité reconnaîtra ainsi assez souvent le nom d'Holbach à la place celui de Mirabaud, qui fut pourtant plus qu'un homme de paille littéraire, mais bien l'un des inspirateurs du baron allemand. Les travaux de Mirabaud - à l'instar de nombreux écrits philosophiques publiés à l'âge des Lumières - ont largement circulé sous la forme de manuscrits clandestins. Cette diffusion particulière des idées philosophiques d'avant la Révolution constitue un genre en soi : quelques textes n'ont jamais été imprimés; d'autres, à l'exemple de ceux qui sont retranscrits dans notre manuscrit, ont été frappés d'interdiction. Ainsi a été reconnu un véritable corpus de manuscrits, dont la majorité a permis, en son temps, de divulguer les opinions matérialistes, déistes et athées. Parmi eux, nous pouvons citer : - Ms 3560 et de la Bibliothèque Mazarine; - Ms 418 de la bibliothèque municipale de Besançon; - Ms 828 (XXXII) de la Bibliothèque municipale de Bordeaux; - ou encore : Ms 2645 de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne. Ce volume a appartenu à Arsène Thiébaut de Berneaud (1777-1850), agronome et secrétaire perpétuel de la Société Linnéenne de Paris : la page manuscrite ajoutée en début d'ouvrage est de sa main. Il y a calligraphié le titre, "Recherches historiques et critiques sur l'origine et les bases du christianisme. MS. XVIIIe s." et, au verso, une table des matières suivie d'un commentaire, signé : "Ces diverses recherches sont fort remarquables; elles renferment des faits curieux sur le système judaïque et sur les bases du christianisme : c'est ce qui m'a décidé à en faire l'acquisition". Ultérieurement, un propriétaire inconnu dans le cours du XIXe s, a commenté à la suite : "Ce M. Thiébaut ne s'était pas aperçu que le troisième traité [De Jésus Christ] n'est autre chose que l'examen critique d'un nouveau testament imprimé dans les oeuvres de Fréret. Il est probable que les trois parties sont se compose ce manuscrit ne sont que des copies de livres publiés pendant le 18e siècle". Reliure usée, griffures sur le plat supérieur, charnière fendue. Bel état intérieur. Jammes, Bûcher littéraire, n° 690 et 750. Couverture rigide
Bon 3 part. en 1 vol. : [1] ff de
Sang De La Terre, 16 Octobre 2008. In-8° dense, broché, couverture ill., 239 pp., très bon état. Préface de Marie-Claude Terrasson. Epuisé.
A travers son expérience professionnelle et ses voyages naturalistes, Jean-Claude Génot nous révèle l'ambiguïté de notre relation à la nature. Il nous montre comment et pourquoi la gestion de la biodiversité parachève la domination de la nature par l'homme, comment sa protection est victime de la société technicienne. Une biodiversité écologiquement correcte, acceptée et jardinée. L'intervention dans la nature dite " protégée " est un tel dogme, que laisser faire la nature semble désormais une utopie. Pourtant l'urgence n'est pas de conserver la nature du passé, en créant des milieux ouverts faciles à entretenir. Il faut penser la nature de demain, celle des friches et des milieux boisés spontanés qui ont tant à nous apprendre sur la dynamique naturelle, celle des milieux forestiers anciens, très menacés, qui se récréent difficilement car il leur faut du temps, ce que nous avons oublié ! En fait, ce n'est pas la nature qui est véritablement malade mais l'homme, atteint par son obsession de contrôle, qui fait de la nature sa victime. Il ne faudra donc pas soigner la nature mais guérir l'homme de sa maladie obsessionnelle qui envisage la nature comme un milieu hostile à dominer et non comme un monde à part entière à respecter. Jean-Claude Génot est un écologue français né en 1956, ingénieur et docteur en écologie, connu pour son travail pionnier sur la naturalité des forêts et la protection de la nature sauvage. Il a été chargé de la protection de la nature au Syndicat mixte du Parc naturel régional des Vosges du Nord (Sycoparc) de 1982 jusqu'à sa retraite récente, où il a promu une gestion forestière non interventionniste favorisant la "libre évolution" des écosystèmes. Membre des Jeunes Naturalistes et Écologistes (JNE), vice-président de l'association Forêts Sauvages et conseiller scientifique pour l'association Francis Hallé (forêt primaire), il milite contre l'industrialisation des forêts françaises.Auteur de nombreux ouvrages sur la biodiversité vosgienne, Aldo Leopold ou François Terrasson (dont une biographie), il intervient en conférences sur le lynx, les forêts matures et la "loi forêt du plus fort". Exemples : Vosges-du-Nord grandeur nature (1995), Aldo Leopold, un pionnier de l'écologie (2019). Passionné par Robert Hainard, il défend une écologie radicale inspirée de penseurs comme Leopold. Franco de port France jusqu'à 29 euros iclus. PAYPAL immédiat. MONDIAL RELAY pour : FRANCE, Portugal, Pologne, Espagne, Allemagne, Autriche, Pays Bas, Luxembourg, Italie, Belgique. Toutes les étapes sont accompagnées. Achat, estimations et listages (Papiers, Archives, monographies, arts et métiers, sciences humaines et bibliophilie) France / Suisse (sur rdv).