Paris-Versailles, s.n., 1963. In-4°, couverture beige neutre. Traduction d'André Prudhommeaux. Illustré de 4 pointes sèches originales de Rudolf Mumprecht. Tirage à 50 exemplaires sur vélin d'Arches, celui-ci le numéro 37. Envoi autographe de l'illustrateur.
Reference : EXE-695
Parfait état.
Librairie L'Exemplaire
Catherine Tabatabay-Schmitt & Eliott Cardet
Grand Rue 25
1204 Genève
Switzerland
+ 41 22 310 32 10
Conformes aux usages de la librairie ancienne et moderne, tous les ouvrages sont complets et en bon état, sauf mention contraire. Les prix indiqués sont nets, les frais d’expédition sont à la charge du destinataire et seront précisés au moment de la commande. Les commandes peuvent être transmises par téléphone, par correspondance et par mail.
De SAINT-PIERRE (Jacques-Henri-Bernardin) - THOUVENIN (Joseph, reliures signées de).
Reference : 28953
(1826)
Paris, chez P. Dupont, 1826 [puis :] A Paris, chez Ladvocat, 1826 (pour les 3 vol. de Correspondance). 15 vol. au format in-8 (213 x 133 mm) de 1 f. bl., 1 f. n.fol., 1 frontispice gravé n.fol., 238 pp., 1 f. n.fol. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 336 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 1 frontispice gravé n.fol., xix - 456 pp., 1 f. n.fol. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 454 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 418 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 353 pp., 1 f. n.fol. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 419 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., xxxix - 344 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 402 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 413 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 466 pp., 1 f. n.fol. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 579 pp., 1 f. n.fol. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., cxlix pp., 1 f. n.fol., 260 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 375 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 418 pp. e 1 f. bl. Reliures uniformes de l'époque de demi-veau glacé fauve, dos à nerfs ornés de filets gras dorés et en noir, triple filet maigre doré sur les nerfs, pièces de titre de maroquin ébène, titre doré, tomaison dorée, palette dorée en queue, tranches jaspées. (Thouvenin).
Ensemble complet de ses 12 volumes ; auxquels ont ici été adjoints (en reliures uniformes) 3 volumes formant la Correspondance de Saint-Pierre (le quatrième et dernier volume est absent). Exemplaires sous agréables reliures du temps ; signées [Joseph] Thouvenin en queue du dos du premier volume. ''Joseph Thouvenin started to work as odd boy with Bozérian Jeune in 1802. He was excellently installed workshop un the Passage Dauphine, both a reputation as the leading binder of his epoch [...]''. (in Ramsden). Ensemble recelant 28 jolies planches gravées (dont 1 dépliante). ''Les 28 gravures ont été publiées en quatre livraisons, qui coûtaient chacune aussi cher que lees volumes eux-mêmes''. (in Quérard). ''Saint-Pierre fut nommé par Louis XVI intendant du Jardin royal et du cabinet d'histoire naturelle du Roi, en place de Buffon. Il méditait depuis longtemps le plan de cet ouvrage. Il racontera plus tard lui-même dans Les Voeux d'un solitaire quelles difficultés il eut à surmonter pour trouver un imprimeur qui voulut se charger de l'impression. La chose était d'autan moins facile que cette impression exigeait des avances considérables, dont l'auteur ne pouvait faire qu'une faible partie. ''Bernardin de Saint-Pierre, le créateur de Paul et Virginie, est surtout l’auteur d’une apologétique, les Études de la nature (et les Harmonies de la nature). Ces œuvres, imprégnées du climat intellectuel d’une époque où la métaphysique chrétienne est confrontée à l’intérêt des Cartésiens et des Encyclopédistes pour la physique, sont une affirmation de la parole comme signe d’humanité. '' (Gabriel R. Thibault). Quant au roman Paul et Virginie, il met en scène les deux protagonistes éponymes et ssus de deux familles différentes. Mais pourtant élevés en commun - comme un frère et une sœur - sur fond de splendeur naturelle des paysages tropicaux de lîle Maurice. Brunet V, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, 57 - Quérad VIII, La France littéraire, p. 368 - Vicaire VII, Manuel de l'amateur de livres du XIXème, 86 - Ramsden, French bookbinders, p. 204 - Fléty, Dictionnaire des relieurs français, p. 100. Légères marques d'usage superficielles affectant les reliures. Quelques cahiers parfois oxydés. Présence de rousseurs dans les corps d'ouvrages (davantage prononcées sur quelques feuillets). Du reste, ensemble en belle condition.
Seule et unique édition de la plus grande rareté de cette suite d’estampes de sciences naturelles, imprimée à compte d’auteur, par Pierre Joseph Buchoz. Paris, Chez l’auteur, Chez Debure, [1776]. In-folio comportant un titre gravé et 38 planches. Qq. taches. Brochure d’origine. Boite de protection en toile bleue moderne. 455 x 288 mm.
Seule et unique édition de la plus grande rareté de cette suite d’estampes de sciences naturelles, imprimée à compte d’auteur, par Pierre Joseph Buchoz (1731-1807). Conlon 76/768; pas dans Nissen ni dans Brunet. Elle comporte 38 superbes planches coloriées à la main à l’époque représentant des animaux sauvages et domestiques, toutes accompagnées d’un texte décrivant leur habitat, leurs habitudes et leur physionomie. Ces planches ressemblent pour certaines à celles dessinées par Buffon mais le texte est complètement différent. Conlon explique que cet ouvrage fut publié en 1776. Il parut en fait sous forme de livraisons de 8 à 10 planches chacune. Nissen liste sous la référence «Buchoz, Les dons merveilleux et divertisement coloriés de la nature dans le règne animal» (1782) un ensemble de planches (32 planches) ‘Quadrupèdes de France’ qui pourrait être un retirage partiel de cet ouvrage. “Very scarce. Tome I contains an introduction to the history of the quadrupedes. Bibliographical references: CBN: 20, col. 1147-75. • LKG: XIV 332b*”. (P. Schuh, Annotated Bio-Bibliography of Mineralogy and Crystallography 1469-1919). «Ce premier Cahier que nous avons sous les yeux, contient dix Planches représentant le cheval, l’âne, la vache du Cotentin, le bouc & la chevre, le cerf, la biche & son faon, l’ours, les chauves-souris, dites fer à cheval, & celles qu’on nomme Oreillard & Noctule. Ces gravures nous paroissent rendre la nature avec une grande vérité. M. Buchoz, l’un des plus laborieux Naturalistes qui ayent existé, donne fréquemment de nouvelles preuves de son zele & de sa fécondité par des productions qui se succedent dans des intervalles assez courts: elles contiennent un nombre considérable de Planches qui ont dû occasionner de très grands frais. Ce qui distingue singulièrement les travaux de cet Auteur, & ce qui rend en même temps ses Ouvrages très nombreux & très volumineux, c’est qu’il ne se contente pas de faire de simples descriptions des productions de la nature, il entre dans de fort grands détails sur leurs usages, sur l’utilité qu’on en retire dans la Médecine & dans tous les arts: ainsi, si d’un côté ces détails rendent l’histoire naturelle plus intéressante, ils ne peuvent manquer de l’autre d’étendre infiniment cette science déjà immense par elle-même. Le nombre des Ouvrages de M. Buchoz qui a embrassé une si vaste matiere, n’a donc rien d’étonnant, si ce n’est le courage & l’activité dont cet Auteur a besoin pour suffire à de si grands travaux.» (Journal des Scavans, 1788, 398-400). Précieux exemplaire de ce très rare ouvrage de zoologie conservé tel que paru dans sa brochure d’origine.
Un grand livre de science au XVIe siècle. A Paris, Chez Martin le Ieune, à l'enfeigne du Serpent, deuant le college de Cambray, 1580. In-8 de (8) ff., 361 pp., (23) pp. de table. Marge ext. du f. de titre restaurée sans atteinte au texte. Plein maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, double filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure signée de Trautz-Bauzonnet. 156 x 106 mm.
« Edition originale d’une pièce aussi intéressante que rare». (Brunet, supplément, VIII, 133). B.n.F., En Français dans le texte, n°72; Neville, Historical chemical Library, 2006, p. 250; Duveen, Bibliotheca alchemica et chemica, p. 446 : "A book of great importance in the history of chemistry and science generally. Extremely rare." Un grand livre de science au XVIe siècle. Figure exemplaire de l'autodidacte, Bernard Palissy (1510-1590) prône l'observation et les vertus de la méthode expérimentale. Palissy, « L'un des hommes de génie dont s'honore la France », naquit vers le commencement du XVIe siècle au village de la Capelle-Biron, dans le diocèse d'Agen. Remarquable hydraulicien et génial céramiste, Palissy conçut des grottes mystérieuses peuplées de personnages ou d'animaux en céramique où l'eau circulait en animant sans doute ce qu'il appelait ses "rustiques figulines". Le connétable lui fit alors décerner par Catherine de Médicis le titre d'" Inventeur des rustiques figulines du Roy et de la Royne sa mere ". Le premier livre de Palissy parut en 1563. La position privilégiée qu'il occupait dans une habitation royale lui valut, le 24 août 1572, d'être épargné au milieu des massacres de la Saint-Barthélemy. De même qu'Ambroise Paré, il n'échappa à cette horrible boucherie que parce qu'il était au Louvre, où le protégeait l'inviolable majesté et peut-être aussi l'égoïsme craintif du roi. Huguenot ardent, il meurt à la Bastille octogénaire et misérable, refusant d'abjurer. Le second ouvrage de Palissy, beaucoup plus considérable que le premier, a pour titre: Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, tant naturelles qu'artificielles, etc.; 1 volume in-8, à Paris, chez Martin le jeune, à l'enseigne du Serpent, devant le collège de Cambray, 1580. Ce livre est dédié au sire de Pont, un de ses anciens protecteurs. L'ordre y fait place à l'irrégularité que l'on remarque dans le volume précédent. Les théories y sont bien coordonnées, à l'exception du Traité de l'art de la terre, où Palissy raconte ses infatigables efforts pour découvrir l'émail. Les onze traités qui composent ce deuxième ouvrage fournissent le meilleur aperçu des travaux scientifiques auxquels il s'est livré ; ils se trouvent rangés dans l'ordre suivant : 1° Des eaux, des fleuves, fontaines, puits, citernes, estangs, marez et autres eaux douces ; de leur origine, bonté ; mauvaiseté et aultres qualitez ; avec le moyen de faire des fontaines en tout lieu ; 2° De l'alchimie, des métaux, de leur génération et nature ; 3° De l'or potable ; 4° Du mithridat ; 5° Des glaces ; 6° Des diverses sortes de sels végétatifs ou génératifs et soustenans les formes, en la génération de ces corps terrestres, de leur nature et merveilleux effets; 7° Du sel commun, la manière de le faire, avec la description des marez salants ; 8° Des pierres tant communes que précieuses ; des causes de leur génération ; des diverses formes, couleurs, pesanteur, dureté, transparence et autres qualités d'icelles ; 9° Des diverses sortes d'argilles, natures et effets d'icelles ; 10° De l'art de terre, de son utilité, des émaux et du feu ; 10° De la marne et de son utilité, avec le moyen de la connaistre et en trouver en toute province. Le présent recueil de onze traités aborde l'alchimie, qu'il raille avec esprit et l'hydrologie, où il formule une véritable théorie des sources. Agronome, il défend l'usage de la marne (une roche sédimentaire) pour bonifier les terres et proteste contre le déboisement. Géologue avant la lettre, il étudie aussi les fossiles, devinant au surplus qu'il y a des espèces éteintes "des quelles n'en voyons plus". Ce livre, qui traite de l'origine des fontaines, de la formation des pierres et des coquilles fossiles, les moyens d'assainir les eaux, l'utilité des marnes dans l'agriculture, est, selon l'appréciation de Duveen: "Extremely rare and a book of great importance in the history of chemistry and science generally". Mais le livre reste surtout célèbre pour la description de ses recherches sur la céramique émaillée. Pour y parvenir, Palissy connut seize années de sacrifices et de peine inouïes, allant jusqu'à bruler ses meubles pour assurer la chauffe de ses fourneaux. Les puissants s'intéressèrent aussitôt à sa découverte et le connétable Anne de Montmorency lui demanda de construire une grotte près de son château. « Les progrès des sciences physiques s'étant manifestés d'une heureuse manière au commencement du XVIIIe siècle, le nom de Palissy fut acclamé par Buffon, Fontenelle, Jussieu et l'ensemble des premiers naturalistes, qui le reconnurent comme le précurseur de leurs idées ». Précieux exemplaire de cette édition originale rare. La rareté des Discours admirables se trouve déjà signalée par Brunet, confirmée par Duveen qui la qualifiait d'"extrêmement rare" et qui rappelle que Ferguson ne trouva un exemplaire que "at last, after long, long waiting and watching".
A Paris, chez Volland, 1786. 3 forts vol. au format in-12 (172 x 107 mm) de 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 1 frontispice gravé n.fol., 623 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 631 pp. et 1 f. bl. ; 1 f. bl., 2 ff. n.fol., 574 pp. et 1 f. bl. Reliures uniformes de l'époque de pleine basane marbrée blonde, plats jansénistes, dos à nerfs ornés de doubles caissons dorés, filets verticaux en pointillés dorés, fleurons dorés, semis de pointillés et de petits fleurons dorés, pièce de titre de maroquin blonde, titre doré, tomaison dorée, palette dorée en queue, filet doré sur les coupes, tranches rouges.
Ensemble complet des trois volumes le constituant. Seconde édition en partie originale (ici revue, corrigée et augmentée comparativement à celle de 1784). Rahir indique que ''Les Etudes de la Nature avaient commencé à paraître dès 1786 mais que les éditions suivantes contiennent des chapitres nouveaux. C'est dans celle de 1788 que parût pour la première fois le roman de Paul et Virginie''. L'iconographie se compose d'un frontispice gravé en tête du premier volume d'après Jean-Michel Moreau le Jeune, ainsi que de 5 jolies planches dépliantes gravées. ''Saint-Pierre fut nommé par Louis XVI intendant du Jardin royal et du cabinet d'histoire naturelle du Roi, en place de Buffon. Il méditait depuis longtemps le plan de cet ouvrage. Il racontera plus tard lui-même dans Les Voeux d'un solitaire quelles difficultés il eut à surmonter pour trouver un imprimeur qui voulut se charger de l'impression. La chose était d'autan moins facile que cette impression exigeait des avances considérables, dont l'auteur ne pouvait faire qu'une faible partie. ''Bernardin de Saint-Pierre, le créateur de Paul et Virginie, est surtout l’auteur d’une apologétique, les Études de la nature (et les Harmonies de la nature). Ces œuvres, imprégnées du climat intellectuel d’une époque où la métaphysique chrétienne est confrontée à l’intérêt des Cartésiens et des Encyclopédistes pour la physique, sont une affirmation de la parole comme signe d’humanité. '' (Gabriel R. Thibault). Quant au roman Paul et Virginie, il met en scène les deux protagonistes éponymes et ssus de deux familles différentes. Mais pourtant élevés en commun - comme un frère et une sœur - sur fond de splendeur naturelle des paysages tropicaux de lîle Maurice. Mais à l'adolescence, des sentiments amoureux naissent entre les deux personnages. La mère de Virginie, Madame de la Tour décide alors de l'éloigner de Paul en envoyant sa fille étudier en France, laissant Paul à son chagrin. Plusieurs années après, Virginie annonce son retour sur l'île, mais le navire qui la ramène de France est pris dans une tempête... Appartenant au registre pathétique, Paul et Virginie décrit avec force les sentiments amoureux et la nostalgie du paradis perdu. Au-delà du cadre exotique et de la description d'une société idyllique, Bernardin de Saint-Pierre expose dans ce roman sa vision pessimiste de l'existence. Brunet V, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, 57 (pour l'édition de 1784 - 1792 chez Didot) - Fournier, Nouveau dictionnaire portatif de bibliographie, p. 468 - Tchemerzine X, Bibliographie des auteurs français, p. 148 - Rahir, Bibliothèque de l'amateur, p. 321 - Quérard VIII, La France littéraire, p. 364 - Cioranescu III, Bibliographie de la littérature française du XVIIIème siècle, 58854. Angles émoussés. Coupes et coiffes parfois élimées. Petit défaut - sans conséquence - pouvant affecter les mors. Marques brunes sur deux des dos. Quelques rousseurs ou petites tâches dans les corps d'ouvrages. Petite cerne affectant les fonds de cahiers des feuillets liminaires du dernier volume. Nonobstant, bonne condition.
Provenance : cachet de bibliothèque russe sur les faux-titres, poinçon de même provenance sur les planches. Paris, Imprimerie de Didot Jeune chez Didot, Née de La Rochelle et de Senne, 1792. 5 volumes in-12 de: I/ (2) ff., 1 frontispice, xxxvi pp., 1 planche depl., 648 pp. ; II/ (2) ff., 3 planches dépliantes, 652 pp. mal ch. 625; III/ (2) ff., 595 pp.; IV/ (2) ff., lxxxviii pp., 532 pp.; V/ (2) ff., xxxiv pp., (1) f., 411 pp.; et lvi pp., 72 pp., (1) f. pour La Chaumière indienne. Maroquin rouge, encadrement de filets, perlé, pointillé, ondulé, dos lisses ornés de caissons losangés et larges fleurons, coupes décorées, doublure et gardes de tabis bleu, tranches dorées. Reliure de l’époque. 168 x 98 mm.
Edition revue et corrigée par Bernardin de Saint-Pierre, en partie originale, comprenant Paul et Virginie au tome IV, les Vœux d'un solitaire, et les contes philosophiques du Café de Surate et de La Chaumière indienne au tome V. Le tome 5 est ici en édition originale. Elle est ornée d'un frontispice, dessiné par Moreau et gravé par Simonet, d'une carte dépliante de l'Hémisphère atlantique et de 3 estampes botaniques. Le retentissement des Études, qui connurent de nombreuses rééditions, lui apporta, après une vingtaine d'années de pauvreté et d'errances, l'aisance matérielle, la reconnaissance sociale et même une réputation de savant que, à tort ou à raison, la postérité n'a guère ratifiée. Le titre ne doit pas induire en erreur : plus que du traité didactique, l'ouvrage relève de l'essai, voire d'une forme de littérature personnelle : « Descriptions, conjectures, aperçus, vue, objections, doutes, et jusqu'à mes ignorances, j'ai tout ramassé : et j'ai donné à ces ruines le nom d'Études, comme un peintre aux études d'un grand tableau auquel il n’a pu mettre la dernière main. » Dépassant la science descriptive de leur temps, les Études annoncent ainsi des disciplines nouvelles comme l'éthologie ou l'écologie. Mais leur intérêt est aussi littéraire. On y trouvera des analyses d'une grande acuité sur le sentiment voluptueux de la mélancolie et le plaisir légèrement morbide que dispensent ruines et tombeaux, ainsi que de splendides tableaux de paysages, parmi les premiers de la littérature française, à la fois précis, colorés et pénétrés d'un sentiment panique de la puissance de la nature, qui, tout en s'inscrivant dans la vogue du « genre descriptif » de la fin du siècle, annoncent Chateaubriand. Bernardin livre son Avis sur cette édition : « La première édition de cet ouvrage, qui parut en décembre 1784, s'est trouvée presque épuisée en décembre 1785. Depuis sa publication, je n'ai qu'à me féliciter des témoignages honorables d'amitié que m'ont donné des personnes de tout état et de tout sexe, dont la plupart me sont inconnues. Les unes sont venues me trouver, et d'autres m'ont écrit les lettres les plus touchantes pour me remercier de mon livre ; comme si, en le donnant au public, je leur avois rendu quelque service particulier. Plusieurs d'entre elles m'ont prié de venir dans leurs châteaux, habiter la campagne où j'aimerois tant à vivre, m'ont-elles dit. Oui sans doute j'aimerois la campagne, mais une campagne à moi, et non pas celle d'autrui. J'ai répondu de mon mieux à des offres de service si agréables, dont je n'ai accepté que la bienveillance. La bienveillance est la fleur de l'amitié ; et son parfum dure toujours, quand on la laisse sur sa tige sans la cueillir. » Quant à l'édition, il la considère à juste titre comme la meilleure : « Depuis longtemps les amis des Lettres et les Bibliographes désiraient une édition des ‘Etudes de la Nature’ d'un format commode, portatif, et en même temps agréable dans une bibliothèque ; celle que nous leur offrons aujourd'hui réunit tous ces avantages. Elle a été revue très-exactement par l'auteur ; l'on a apporté à la correction des épreuves et à la partie typographique des soins tout particuliers. » Bel exemplaire. Provenance : cachet de bibliothèque russe sur les faux-titres, poinçon de même provenance sur les planches.