Genève, Service Culutrel Migros, 1965. In-8 broché carré, couverture photographique.
Reference : 20344
Photographies en noir de Roger d'Ivernois. Petite introduction d'Henri Guillemin. Les photos sont légendées par Bernard-Claude Gauthier. ou l'on peut reconnaître Ella Maillart, Édouard Elzingre, Léon Savary...
ILLIBRAIRIE | Bombadil SA
Monsieur Alexandre Illi
20 Grand'Rue
1204 Genève
Switzerland
+4122 310 20 50
Conformes aux usages de la librairie ancienne et moderne, tous les ouvrages sont complets et en bon état, sauf mention contraire. Les prix indiqués sont nets, les frais d’expédition sont à la charge du destinataire et seront précisés au moment de la commande. Les commandes peuvent être transmises par téléphone, par correspondance et par courriel. Vous pouvez venir chercher vos livres à la librairie, après vous être assurés de leur disponibilité.
Manuscrit du poème d'Éluard et deux encres originales Paris, Librairie José Corti, (septembre) 1945. 1 vol. (165 x 265 mm) de [8] p. et 24 planches. En feuille, sous couverture à rabats illustrée. Édition originale. Tirage unique à 650 exemplaires (n° 364). Exemplaire auquel il est joint le manuscrit du poème d'Éluard et deux encres originales de José Corti.
Recueil rare où l'éditeur-libraire se fait artiste, Rêves d'encre rassemble vingt-quatre compositions abstraites, tracées à l'encre par José Corti puis tirées en phototypie ; une vingt-cinquième orne la chemise titrée. Les exemplaires de tête (un tirage rare, limité à cinquante) comportent chacun un dessin original - le plus souvent une variante non retenue pour l'illustration. Corti, artisan d'un catalogue d'une tenue exemplaire, accueillit très tôt les surréalistes et fit des livres de Julien Gracq le coeur ardent de sa maison. Sans «coups», seulement le cap d'un goût sûr - jusqu'à cette maxime qui lui ressemble : «Notons qu'il vaut mieux mourir après avoir fait faillite avec les Fleurs du Mal sur sa tombe que disparaître en laissant une fortune tirée de littératures ou médiocres ou indignes». On n'oubliera pas non plus - et on la mettra même au premier plan - l'ombre de Dominique, le fils, déporté et fusillé à dix-neuf ans dont Corti évoque la figure dans ses Souvenirs désordonnés : mémoire d'un père frappé par la perte de son fils aux derniers jours de la guerre. Livre d'artiste et manifeste discret, Rêves d'encre est ainsi plus qu'un portfolio : un autoportrait de l'éditeur. L'ouvrage comprend 16 pages de texte au total. Quatre textes demandés par Corti à ceux qui sont, à ce moment, clairement et nettement, ses quatre amis de plume et de coeur : Gaston Bachelard, René Char, Paul Éluard et Julien Gracq. Quatre textes brefs et inédits. Bachelard signe en ouverture un texte à sa manière, intitulé « Une rêverie de la matière » : l'encre y est vue comme matière de rêverie et les « réveils d'images » comme moteurs de l'imagination matérielle. Des échos à ses travaux de la décennie : L'Eau et les rêves (1942), La Terre et les rêveries de la volonté (1948). Char propose, lui, un court fragment en prose poétique, « La Lune rouge et le géranium noir », dans la lignée du Marteau sans maître (1934), dont il est sur le point de donner, toujours chez Corti, une réédition. Éluard, l'ami et le poète, pour lequel il a convoyé Poésie et vérité 1942, ne déroge pas à ce qui le constitue : il livre un fameux poème, lyrique et limpide, « Temps anciens, temps bénis », en écho direct à son activité éditoriale et militante pendant la guerre et à la Libération. Ce poème, il le dédie à Corti et le clôt pas ces mots : « On avait quand même quelques gouttes de vin dans son eau, quelques gouttes d'espoir dans les veines. Je ne possédais pas encore toutes les preuves de la haine. L'injure faite à autrui ne m'avait pas encore coupé le coeur en deux. Paul Éluard. Vichy, le 14 juillet 1945. » À l'issue de sa publication dans Rêves d'encre, Éluard l'intègrera ensuite dans l'édition augmentée de Au rendez-vous allemand (1946) qui, éditée en compagnie de Poésie et vérité 1942, regroupera tous les poèmes publiés pendant et au sortir de la guerre. Le présent exemplaire est enrichi du manuscrit princeps du poème - 1 page en 1 f. (150 x 220 mm) au verso d'un papier à en-tête. Ce dernier paraît tout d'abord dans le n° 68 des Lettres françaises, publié le 11 août 1945, un mois après sa rédaction. Cette version est celle qui a servi à cette publication en revue, ainsi que l'atteste la note au crayon et les indications typographiques, conformes à la parution. La date de la rédaction du poème, « 14 juillet 1945», biffée par Éluard, n'a pas été conservée lors de cette parution, mais apparaît bien dans ici. Enfin, Julien Gracq, sollicité par Corti, livre une courte prose de lecteur-voyageur, « Éclosion de la Pierre », un commentaire qui s'ajuste parfaitement aux compositions de Corti et annonce ces notices vibrantes qu'on retrouvera plus tard dans Préférences et Lettrines : « Une goutte d'encre portée sur une eau-mère, avec la préméditation compliquée et patiente de l'oeuf, éclot et dévide le mystère de ses organes. À la ressource inépuisable du hasard vient se joindre un sentiment de nécessité mal explicable ». Un texte qui annonce les récits de Liberté grande, qui paraîtra l'année suivante. L'exemplaire est également enrichi de deux compositions originales de José Corti, non retenues pour l'ouvrage. Une deuxième édition, publiée en 1969, donnera trois compositions supplémentaires, soit 28 images au total. Très bel exemplaire, joliment enrichi.
Paris, Corti, (avril) 1966. 1 vol. (120 x 185 mm) de 153 p. et [3] f. Broché, sous couverture illustrée. Edition originale. Envoi signé : «Pour Roland Stregliati, avec toute mon admiration pour sa compétence et son savoir. Très amicalement, R. Caillois».
Tusson, Le Lérot & La Sirène, (15 juin) 2004 1 vol. (195 x 255 mm) de 425 pp., [1] et 2 ff. Reliure moderne. Édition originale. Préface de Claude Duneton. Un des 70 premiers exemplaires HC sur vélin Mémoire (n° 21). Abondante iconographie.
Paris, Fernand Nathan SD 1 in -4 Broché couverture Illustrée 32 [p.p]
reliure abîmée, intérieur bien conservé Disponibilité sous réserve de vente en boutique, prix valable frais de port inclus pour commande > 90 € et poids < 1 Kg
Exceptionnelle réunion de Cartier-Bresson et Clergue sur le plus célèbre des ouvrages du premier. Paris, Éditions Verve, (22 juillet) 1952. 1 vol. (275 x 370 mm) non paginé. Cartonnage illustré de l'éditeur, d'après une composition d'Henri Matisse. Édition originale. 126 reproductions photographiques. Exemplaire Lucien Clergue, avec une dédicace au crayon multicolore. Envoi signé : «à Clergue, bien cordialement, Henri Cartier Bresson, Arles, 6 juillet 59 ».
Premier grand recueil photographique d'Henri Cartier-Bresson, publié simultanément en version anglaise sous le titre de The Decisive Moment, l'ouvrage, devenu mythique, rassemble 126 photographies prises entre 1930 et 1950, accompagnées d'un texte de l'auteur. Cette inscription atteste d'une rencontre précoce entre Cartier-Bresson et Lucien Clergue, alors jeune photographe arlésien déjà proche de Picasso, qu'il a rencontré à la sortie des arènes de la ville, en 1955, et Cocteau. Cartier-Bresson vient de rentrer de plusieurs passés en Chine, pour le dixième anniversaire de la prise du pouvoir maoïste, à l'invitation des Relations culturelles chinoises, lesquelles n'ignoraient pas qu'il avait assisté à la chute du Kuo-min-tang, en décembre 1948. Cet été 1959, Cartier-Bresson vient passer à Arles une dizaine de jours, et en rapportera autant de clichés, dont le célèbre »L'Immortelle». Il cerne particulièrement la fête estivale qui célèbre le centenaire de la publication du Mireille par Frédéric Mistral, natif d'Arles, fondateur de cette fête locale qui avait pour but de promouvoir le port du costume par les jeunes Arlésiennes dont Cartier-Bresson vient faire plusieurs portraits. A l'origine, les demoiselles qui accédaient, lors de ces fêtes, au statut d'Arlésiennes recevaient solennellement un diplôme délivré de la main de Frédéric Mistral ! La dédicace témoigne de l'estime réciproque entre deux figures majeures de la photographie française du XXᵉ siècle, et de cette rencontre précoce cet été-là. Onze ans plus tard, Clergue créera les Rencontres d'Arles : Cartier-Bresson en sera invité d'honneur en 1979. The Book of 101 Books, p. 208 ; Parr & Badger, The Photobook, vol. I, p. 208-209.